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Autofestival 2017

L’âge d’or du diesel touche à sa fin



Bien que les résultats de la 53e édition de l’Autofestival ne soient pas encore connus, la tendance observée au cours des dernières années paraît se confirmer. Le gazole séduit de moins en moins d’acheteurs qui se tournent vers d’autres types de motorisation.

2016 aura été, dans le secteur automobile, une année à marquer d’une pierre blanche au Luxembourg. Non seulement le marché a retrouvé son niveau historique d’avant la crise avec plus de 50.000 véhicules neufs immatriculés, mais en plus il confirme une tendance observée depuis plusieurs années. Celle d’une évolution des mentalités des automobilistes. Alors que depuis une dizaine d’années le diesel est devenu le type de motorisation le plus fréquent dans le parc automobile luxembourgeois, son hégémonie sous les capots est clairement remise en cause.

Présents, au 1er janvier 2017, dans 250.905 véhicules aux plaques jaunes selon les données du Statec, les TDI, HDI et autres DCI représentent toutefois 64,9% du parc automobile en circulation. Contre 19,4% en 1997. Mais depuis 2013, cette part se réduit peu à peu, puisqu’elle représentait cette année-là près de deux tiers des ventes (65,8%). Débuté avant le début du scandale Volkswagen, ce déclin s’explique principalement par un changement d’habitude lié à la mise en place d’une fiscalité de moins en moins favorable. Et sans surprise, l’alternative la plus prisée se trouve être l’achat d’un véhicule essence dont les ventes, dans la catégorie des véhicules particuliers, font désormais à nouveau jeu égal avec les diesels.

Le phénomène reste cependant nettement moins probant pour la flotte des voitures à usage mixte, majoritaires dans le parc automobile grand-ducal. Selon les données du Statec, au 1er janvier 2017, seule une voiture de société sur cinq roule au sans-plomb.

La tendance devrait se poursuivre dans les années à venir en raison notamment des engagements environnementaux pris par le gouvernement. Ratifié à l’automne, l’accord de la COP21 oblige ainsi le Luxembourg a réduire ses émissions de gaz polluants (CO2 et NOx) de 40% d’ici à 2030 par rapport à leur niveau de 2005. Ce qui se traduit par la mise en place de nouvelles mesures destinées à accélérer la transformation du parc automobile, l’une des principales sources d’émissions au Grand-Duché. Outre la hausse des taxes sur les voitures émettant plus de 110 grammes de CO2 par kilomètre, dont celles proposées en leasing, le gouvernement a misé sur des incitations financières.

Depuis le 1er janvier, l’achat d’un véhicule 100% électrique ou à pile à combustible permet de bénéficier d’un abattement fiscal de 5.000 euros. Objectif: booster les ventes de «véhicules propres», actuellement peu présents sur les routes luxembourgeoises. Au 1er janvier, les voitures hybrides représentent 0,5% des voitures particulières et 0,7% des voitures à usage mixte. Les 100% électriques, elles, étaient 685 à l’échelle du pays, toutes catégories confondues.

Pour accélérer encore cette transition, Carole Dieschbourg (Déi Gréng), ministre de l’Environnement, indiquait dans une réponse parlementaire publiée fin janvier que le gouvernement avait mis en place un groupe de travail interministériel destiné à réfléchir à l’introduction «d’une éventuelle différenciation fiscale du diesel à usage privé de celui à usage commercial». Comprenez une hausse des taxes en vigueur sur le diesel pour les particuliers et le maintien des avantages pour les professionnels.

Selon les acteurs du secteur automobile, cette possibilité devrait se traduire par une accélération du déclin des véhicules roulant au gazole, en lien avec «une disparition mécanique», les constructeurs proposant alors moins ce type de motorisation dans leur gamme. Ces derniers seraient alors réservés aux adeptes de 4x4 et aux «gros rouleurs», réalisant au minimum entre 25.000 et 30.000 kilomètres par an. Du moins jusqu’à l’horizon 2025, date à laquelle l’étude Rifkin recommande de n’autoriser que la mise en circulation de véhicules électriques.