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Vient de paraître

Réflexions sur la «Bodenfrage»



Un livre pour réfléchir à la question du foncier, écrit par Florian Hertweck. (Photo: Maison Moderne)

Un livre pour réfléchir à la question du foncier, écrit par Florian Hertweck. (Photo: Maison Moderne)

L’architecte et universitaire Florian Hertweck vient de publier un nouveau livre, «Architektur auf Gemeinsamem Boden, Positionen und Modelle zur Bodenfrage», qui revient sur la question si épineuse du foncier.

En 2018, Andrea Rumpf, directrice du Luca – Luxembourg Center for Architecture, et Florian Hertweck, architecte et directeur du master en architecture à l’Université du Luxembourg, avaient choisi d’explorer pour le pavillon luxembourgeois à la Biennale de Venise la thématique du foncier au Luxembourg et ailleurs dans le monde. Suite à cette réflexion et aux recherches élaborées dans ce cadre, Florian Hertweck a poursuivi son étude et vient de faire publier l’ouvrage «Architektur auf Gemeinsamem Boden, Positionen und Modelle zur Bodenfrage» aux éditions Lars Müller Publishers et Université du Luxembourg.

«Cette question du foncier, encore appelé ‘Bodenfrage’, est un sujet qui est fort débattu en Allemagne et en Suisse. Le Luxembourg commence un peu à le thématiser, également au vu des difficultés que le pays rencontre actuellement avec la création de nouveaux logements. Avec ce livre, nous posons la question de savoir si le sol peut être considéré comme une marchandise comme une autre, ou s’il doit être traité comme un bien commun», explique Florian Hertweck.

«Se poser cette question entraîne beaucoup d’interrogations. La première pourrait être philosophique: héritons-nous de la nature? Il y a aussi une dimension politique et architecturale: comment peut-on encore avoir les moyens de faire une architecture de qualité quand près de 70% du budget d’un projet doit être consacré à l’achat d’un terrain? Ces questions se posent de manière accrue au Luxembourg puisque le territoire est petit et le nombre de terres disponibles plus restreint.»

Des essais, des exemples, des interviews

Le livre rassemble dans une première partie des essais de spécialistes qui traitent aussi bien de positions historiques que contemporaines sur cette question du foncier, comme celle de Henry George et sa proposition de taxe unique ou encore celle de Hans Bernoulli et son approche de «municipalisation» des terrains.

La seconde partie rassemble des interviews avec principalement des acteurs des administrations communales dans des villes qui présentent une politique urbaine intéressante comme à Munich, Bâle, Amsterdam, Londres, Liverpool…

Les troisième et quatrième parties soulignent quelques exemples architecturaux et urbanistiques qui ont pris à bras le corps cette question du foncier.

La dernière section est consacrée au cas luxembourgeois et reprend les éléments présentés dans l’exposition du pavillon luxembourgeois à la Biennale de Venise.

«Ce livre ne prétend pas trouver une solution à cette question complexe qui varie beaucoup en fonction du contexte. Il a juste la volonté de poser des questions, de présenter des exemples et tente de contribuer au débat. Cette question du foncier est une question qui mérite d’être posée et pour laquelle il faut discuter, partager les idées, les avis et positions. Dans ce contexte de croissance tel que nous le connaissons au Luxembourg, il est important d’aborder cette question du sol, mais en aucun cas je ne plaide pour une vision unique», conclut l’auteur.

Ouvrage en allemand. Une édition anglaise est prévue pour le mois de mai. 25€