PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

Profil

Quel investisseur êtes-vous?



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Gregory Vandendael: «Si l’on ne choisit pas de mettre ses actifs au travail, chacun s’appauvrit progressivement un petit peu.» (Illustration: Maison Moderne)

Avant de commencer à investir, il est indispensable d’établir votre profil. En fonction de vos objectifs, de votre acceptation du risque, de vos attentes en termes de rendement… il sera alors possible de définir la stratégie d’investissement qui vous correspond.

Investir n’est jamais un choix anodin. Avant toute chose et afin de s’assurer de ne pas voir une partie de son patrimoine disparaître par négligence, chacun doit donc se poser les bonnes questions. La volatilité des marchés financiers a de quoi inquiéter et nous invite à faire preuve de la plus grande prudence…

La solution la plus sûre, finalement, ne serait-elle pas de garder le cash dont on dispose à l’abri des fluctuations financières? «Placé sur un compte épargne, dans un environnement où les taux sont nuls voire négatifs, le patrimoine progresse moins vite que l’inflation, actuellement estimée à 1,3%. Autrement dit, si l’on ne choisit pas de mettre ses actifs au travail, chacun s’appauvrit progressivement un petit peu», réfute d’emblée Gregory Vandendael, senior wealth manager au sein de la société de gestion patrimoniale CapitalatWork Foyer Group.

Oui, mais alors, quels instruments choisir et pour quelle stratégie opter? Afin de répondre à ces questions, il est indispensable de définir votre profil d’investisseur. Toute personne qui sera amenée à vous conseiller ou à vous proposer des produits d’investissement ne manquera pas de vous soumettre à un questionnaire afin de cerner au mieux vos attentes.

Au-delà de l’obligation réglementaire, l’établissement du profil est la base pour définir une stratégie d’investissement adaptée à l’investisseur.

Gregory Vandendael,  senior wealth manager,  CapitalatWork Foyer Group

C’est une obligation visant à mieux informer et protéger les investisseurs introduite par la directive européenne sur les marchés d’instruments financiers (Mifid). En fonction de ce profil, vous allez accéder à une gamme de produits plus ou moins large.

«Au-delà de l’obligation réglementaire, l’établissement du profil est la base pour définir une stratégie d’investissement adaptée à l’investisseur. Il se construit en considérant les divers critères que sont l’horizon de placement, les attentes en matière de rendement et les objectifs poursuivis, l’appétit au risque, la fiscalité ou encore certaines affinités par rapport à la gestion», poursuit Gregory Vandendael.

Les réponses que vous apporterez aux questions qui vous seront posées permettront de vous placer dans une catégorie d’investisseur. On distingue de manière générale cinq grands profils: conservateur, défensif, neutre, dynamique et agressif.

Objectifs et horizon de placement

Les deux premiers critères déterminants, afin d’établir un profil d’investisseur, sont les objectifs poursuivis et l’horizon de placement. «Chacun doit pouvoir déterminer pourquoi il épargne. Est-ce dans la perspective de vacances prochaines, en vue d’acquérir un logement ou avec la volonté de développer un patrimoine pour ses vieux jours? Pour chaque objectif défini, il est alors possible de déterminer un horizon de placement, explique Sébastien Mercier, head of savings and investments chez ING Luxembourg. Pour tout projet à court et moyen terme, on recommandera de préserver son patrimoine en cash. Pour le patrimoine que l’on constitue pour des objectifs à plus long terme, au-delà de trois ans, des investissements financiers dans des obligations et des actions peuvent être envisagés.»

En considérant le patrimoine immobilier ou d’autres éventuels investissements réalisés par ailleurs, on peut mieux comprendre la situation du client, son parcours de vie.

Gregory Vandendael,  senior wealth manager,  CapitalatWork Foyer Group

Diverses stratégies de placement peuvent être envisagées en fonction des objectifs poursuivis et du patrimoine disponible. Un conseiller en investissement s’intéressera certainement à votre situation financière globale. «En considérant le patrimoine immobilier ou d’autres éventuels investissements réalisés par ailleurs, on peut mieux comprendre la situation du client, son parcours de vie. Ces éléments pourront entrer en ligne de compte pour développer une stratégie adaptée, explique Gregory Vandendael. Et comme une situation n’est jamais figée, il est intéressant de régulièrement faire le point avec le client sur la manière dont ses objectifs, ses projets évoluent, afin d’adapter la stratégie d’investissement en fonction.»

Dans le déploiement d’un portefeuille de placement, ensuite, l’horizon d’investissement constituera toujours un élément-clé à considérer. «Le risque, lorsqu’on investit, est de se retrouver dans la situation où l’on souhaite récupérer l’argent placé au plus mauvais moment, lorsque les marchés sont au plus bas, poursuit Sébastien Mercier. C’est pour cela que l’on déconseille de placer de l’argent dont on sait qu’on aura besoin dans six mois ou un an. Par contre, si l’on n’a pas besoin de cet argent dans l’immédiat, on peut laisser le temps au marché de se redresser, d’effacer les pertes et d’enregistrer de nouveaux gains.»

Quels risques êtes-vous prêt à prendre?

Suivant cette logique, à la recherche de meilleurs rendements, un horizon lointain permet davantage de prise de risque. Des actifs que l’on investit pour 20 ans ou plus pourront être placés dans des actions. Ce type d’investissement, s’il subit des variations importantes, est le plus susceptible de générer le meilleur rendement.

Si l’on souhaite placer une part de son patrimoine sur trois à cinq années, on privilégiera davantage un portefeuille mixte, incluant des actions, avec l’espoir d’aller chercher un peu de rendement, et des obligations, qui apporteront de la sécurité. Le client qui ne souhaite prendre aucun risque optera pour un portefeuille de placement constitué essentiellement d’obligations.

Quand on investit, nos émotions sont notre plus grand ennemi. Les marchés sont de nature résiliente, mais il faut pouvoir faire preuve de patience.

Gregory Vandendael,  senior wealth manager,  CapitalatWork Foyer Group

«L’acceptation du risque est un élément déterminant à prendre en considération pour définir un profil d’investisseur, assure Gregory Vandendael. Certains clients, même avec une stratégie d’investissement à très long terme, ne supportent pas de perdre de l’argent et peuvent prendre peur en cas de contre-performance des marchés ou encore de crise. Voyant les valeurs s’écrouler, ils vont alors décider de vendre au plus mauvais moment plutôt que d’attendre que les marchés se redressent. Quand on investit, nos émotions sont notre plus grand ennemi. Les marchés sont de nature résiliente, mais il faut pouvoir faire preuve de patience. C’est pourquoi, avant d’investir, il faut donc s’assurer que le client comprenne bien la stratégie, les produits dans lesquels il investit, comme nous y oblige d’ailleurs Mifid II, et les enjeux connexes.»

Le client qui investit sur le long terme doit donc avoir confiance en la résilience des marchés. Selon les analystes, ceux-ci finissent toujours par se remettre et effacer les pertes. «C’est le rôle des gestionnaires d’aller chercher les opportunités en fonction des cycles, explique Sébastien Mercier. Il faut pouvoir leur faire confiance. Avec un horizon à long terme, mieux vaut éviter de scruter chaque jour la manière dont évolue son portefeuille, même si cela relève d’un comportement très humain finalement», explique Sébastien Mercier.

«Notre rôle, en effet, est de proposer une certaine tranquillité d’esprit à nos clients, poursuit Gregory Vandendael. Si elle n’est pas présente, si le client est angoissé en voyant ses placements subir une dévaluation, c’est sans doute qu’il n’est pas positionné dans la bonne classe de risque.»

À chacun selon ses moyens

Faut-il être riche pour investir? «La surface financière n’a pas beaucoup d’influence sur la définition du profil de l’investisseur, assure Gregory Vandendael. Toutefois, en fonction des montants investis, chaque client pourra profiter d’un niveau de services plus ou moins personnalisés.»

CapitalatWork Foyer Group, acteur de banque privée, exige d’un client qui souhaite profiter de ses services un minimum de 250.000 euros d’actifs investis. Plus le ticket d’entrée sera important, plus le client pourra profiter d’une stratégie de gestion personnalisée, répondant à ses attentes. Il aura aussi davantage de possibilités d’intervenir directement dans la gestion de son portefeuille.

Certains clients vont laisser le gestionnaire s’occuper de toute la stratégie d’investissement quand d’autres vont vouloir jouer un rôle plus actif, pouvoir passer des ordres en ligne directe.

Gregory Vandendael,  senior wealth manager,  CapitalatWork Foyer Group

«Certains clients vont laisser le gestionnaire s’occuper de toute la stratégie d’investissement quand d’autres vont vouloir jouer un rôle plus actif, pouvoir passer des ordres en ligne directe. Dans de tels cas de figure, en s’appuyant sur l’expertise de nos conseillers et analystes, ils ont la possibilité d’agir directement sur leur portefeuille», précise Gregory Vandendael.

Il existe toutefois des solutions beaucoup plus accessibles. Avec seulement quelques milliers d’euros, on peut déjà diversifier l’investissement en achetant des parts dans des véhicules déterminés. Avec de telles solutions, l’investisseur n’a généralement pas la possibilité d’influer sur la stratégie d’investissement.

«D’autres formules permettent d’épargner sur le long terme, en investissant un peu chaque mois, à partir de 50 euros, dans des solutions de placements diversifiés, définies en fonction du profil de l’investisseur, explique Sébastien Mercier. Mais de manière générale, plus on va investir, plus on va pouvoir accéder à des solutions personnalisées, plus on aura la possibilité de diversifier son portefeuille.»

Généralement, l’accès à des produits plus complexes et plus risqués, comme des hedge funds ou encore du private equity, est conditionné à des connaissances professionnelles dans le domaine de l’investissement. Ces classes d’actifs, si elles ont tendance à s’ouvrir, impliquent des montants d’investissement supérieurs.

Composer le portefeuille adéquat

Un autre enjeu est de pouvoir considérer les attentes en matière de performance et les risques que l’on est prêt à prendre. C’est souvent à ce moment que l’investisseur, en discutant avec son conseiller, va se confronter à la réalité du terrain. «Pour profiter d’un peu de rendement, il faudra évidemment être prêt à prendre un peu de risques», confirme Sébastien Mercier.

La plupart des placements vont être composés d’obligations et d’actions. «Au sein de notre banque, nous avons mis en place des fonds correspondant à chaque profil d’investisseur. Ces véhicules investissent directement dans des portefeuilles diversifiés dans l’économie mondiale, entre actions et obligations», assure Sébastien Mercier.

Une équipe de gestionnaires veille sur les investissements, en s’assurant de respecter le niveau de risque, avec la volonté d’aller chercher le meilleur rendement.

Sébastien Mercier,  head of savings and investments,  ING Luxembourg

Plus on sera prêt à accepter de prendre certains risques avec la volonté d’aller chercher du rendement, plus la part investie dans des actions sera importante. «L’avantage de telles solutions d’investissement réside dans le fait qu’elles sont relativement accessibles, qu’elles garantissent une juste diversification et que le client ne doit se soucier de rien, poursuit Sébastien Mercier. Une équipe de gestionnaires veille sur les investissements, en s’assurant de respecter le niveau de risque, avec la volonté d’aller chercher le meilleur rendement.»

Se confronter à la réalité du marché

Chaque gestionnaire développe toutefois des approches singulières. Certaines banques choisiront de confier la gestion des placements à des acteurs tiers, dont c’est le métier. L’investisseur pourra, en fonction de son profil de risque et en profitant des conseils en investissement d’un professionnel, choisir d’investir dans différents fonds généralistes ou thématiques.

D’autres acteurs, comme CapitalatWork Foyer Group, vont mettre en place une large de gamme de véhicules, permettant de développer des approches sur mesure. «Il est possible d’aller chercher des actifs pouvant offrir 8% de rendement. Cependant, pour ce type d’actifs, le client devra alors accepter des variations de l’ordre de 15 à 25%, explique le senior wealth manager. C’est souvent lorsque l’on confronte les attentes à la réalité du terrain que l’on peut effectuer des arbitrages. Le profil de risque dans ce contexte sert de guide.»

Un client qui investit 1.000.000€ et qui souhaite obtenir 3% ou 4% de rendement chaque année, afin de subvenir à ses besoins récurrents, s’inscrira dans un profil défensif ou neutre.

Gregory Vandendael,  senior wealth manager,  CapitalatWork Foyer Group

Les divers instruments, chacun avec sa spécificité, peuvent être envisagés comme des outils à la gestion du patrimoine, en fonction de son profil. «Un client qui investit 1.000.000€ et qui souhaite obtenir 3% ou 4% de rendement chaque année, afin de subvenir à ses besoins récurrents, s’inscrira dans un profil défensif ou neutre, en espérant aller chercher 6% de rendement en actions et 1,5% en obligations», explique Gregory Vandendael.

Quel que soit le cas de figure, l’enjeu est toujours de bien diversifier, en fonction des secteurs, des zones géographiques.

En confiance avec son gestionnaire

Chaque gestionnaire, en outre, va développer des approches spécifiques. Il est important, lorsqu’on est investisseur, de pouvoir adhérer à ce qui est proposé par son conseiller et son gestionnaire, d’avoir de bonnes accointances.

«Ce qui va nous distinguer d’autres acteurs, c’est notre philosophie de gestion, très entrepreneuriale. Nous investissons dans des sociétés que nous comprenons bien, dans lesquelles nous croyons, évaluées par nos analystes, tandis que d’autres vont choisir des solutions indicielles, cherchant à reproduire les performances globales du marché», explique le senior wealth manager de CapitalatWork.

La société de gestion, cependant, va éviter d’investir dans des sociétés à forte croissance, comme des venture capitalists pourraient chercher à le faire, le risque étant difficile à maîtriser. Elle va donc principalement se concentrer sur des sociétés cotées à forte ou moyenne capitalisation, en s’appuyant sur un historique.

Investir par conviction

Enfin, une stratégie d’investissement doit idéalement pouvoir traduire les convictions portées par l’investisseur. À cette fin, ce dernier pourra faire valoir certains souhaits ou des exclusives. Un nombre croissant d’investisseurs émettent le souhait d’investir dans des fonds durables.

D’autres vont refuser d’investir dans des entreprises polluantes ou dont les pratiques sociales sont critiquables. Dans cette perspective, il est important de bien se faire conseiller pour trouver des instruments qui permettent de répondre à ses attentes, en prenant soin de faire la part des choses.

L’investissement doit considérer des critères rationnels, comme les perspectives de rendement, le niveau de risque encouru. Cependant, les gestionnaires s’adaptent à l’air du temps. Si ING, d’une part, opère une transition vers des fonds plus durables, un acteur comme CapitalatWork Foyer Group, d’autre part, a identifié les sociétés les plus durables et les plus socialement responsables parmi les 240 dans lesquelles le gestionnaire a choisi d’investir pour proposer une solution adaptée aux nouvelles attentes de ses clients en la matière.

De cette manière, l’investisseur, en choisissant d’investir de manière plus responsable, peut aussi espérer contribuer à l’émergence d’un monde meilleur.