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Horeca

Quand la restauration se réinvente



Pour faire face au confinement et à la fermeture des restaurants, le propriétaire des restaurants Picanha Plaza et Sushi Plaza, Nuno Soares, a réaffecté une partie de son personnel à la livraison et a investi dans un peu de matériel. (Photo: Shutterstock)

Pour faire face au confinement et à la fermeture des restaurants, le propriétaire des restaurants Picanha Plaza et Sushi Plaza, Nuno Soares, a réaffecté une partie de son personnel à la livraison et a investi dans un peu de matériel. (Photo: Shutterstock)

Dans un contexte sanitaire difficile et synonyme de nombreuses fermetures, le secteur de la restauration et des commerces de bouche ajuste son activité au jour le jour pour survivre.

Dimanche 15 mars, le gouvernement annonçait la fermeture des cafés, restaurants et magasins non essentiels pour une durée indéterminée, afin d’endiguer la progression du coronavirus. Un couperet qui tombe implacablement sur le secteur de l’horeca, qui fonctionne très souvent sur le court terme.

Le take-away à la rescousse

Alors qu’une partie des restaurants qui bénéficiaient déjà d’un partenariat avec des sociétés spécialisées poursuit cette activité dédiée à la livraison, certains établissements ont mis en place en urgence un système de take-away ou de livraisons propres et/ou ont adapté leur offre pour coller le plus possible à la demande particulière du confinement.

Si beaucoup de ces restaurateurs ont finalement décidé d’arrêter toute activité jusqu’à nouvel ordre, certains comptent bien sur ce «plan B» pour subsister pendant le confinement et proposer des plats en toute sécurité.

Ainsi, à Bonnevoie, le propriétaire des restaurants Picanha Plaza et Sushi Plaza, Nuno Soares, a réaffecté une partie de son personnel à la livraison et a investi dans un peu de matériel: «Heureusement, nous avions déjà l’habitude de faire de la livraison nous-mêmes. Nous avions donc les véhicules et les terminaux de paiement nécessaires pour le faire de manière sécurisée.»

Autre endroit, autre mode de fonctionnement: à Troisvierges, le restaurant gastronomique Les Timandines a «simplement» mis en place un service de plats à emporter. Son chef et propriétaire, Richard Gigante, sait qu’il peut compter sur ses voisins directs pour l’aider à traverser cette mauvaise passe: «Le fait d’être dans une région comme la nôtre me semble au final être un bon point pendant ce confinement: en règle générale, les clients viennent de tout le pays pour nous voir, mais là, il y a un vrai mouvement de solidarité dans notre communauté locale. Qui joue volontiers le jeu de la vente à emporter.»

Un point commun, cependant, entre les deux restaurateurs et beaucoup d’autres à travers le pays: s’ils n’ont pas encore mis fin à des contrats, l’intégralité – ou presque – de leur personnel est au chômage total ou partiel.

L’artisanat, entre astuce et succès

Du côté de l’artisanat et des commerces de bouche, quelques acteurs proposent eux aussi des livraisons sécurisées de bons produits, qui permettent de maintenir un peu d’activité. C’est le cas, par exemple, de la Ferme de Drauffelt, qui appartient au restaurateur Yves Radelet et qui livre ses productions artisanales sur demande et de manière sécurisée.

Ou encore de la microbrasserie Stuff Brauerei basée à Steinsel, qui, non contente d’assurer des livraisons partout où ses bières artisanales sont demandées, a même tenu à lancer un nouvel élixir en collaboration avec la marque de gin locale Opyos: The Brewing Botanist.

Les cavistes également ont dû avoir recours au «tout-livré» pour continuer à travailler pendant cette période de confinement. C’est le cas de Vinaly, par exemple, d’In Vino Gildas, ou encore de la Vinoteca. Une alternative qui semble porter ses fruits, puisque les commandes en ligne seraient bien plus importantes que d’habitude, mais ne représenteraient que deux jours de travail à temps plein pour l’employé livreur, au chômage le reste du temps, comme tout le reste de l’équipe de la boutique.

Les maraîchers locaux indépendants comme Lët’z Grow ou Les Paniers de Sandrine ont quant à eux le vent en poupe en s’imposant comme une valeur sûre et saine, un phare dans la nuit du confinement, comme en atteste la très réputée Sandrine Pingeon en une phrase: «Je n’ai jamais dû dire autant non!»

Les livreurs ont le vent en poupe, mais pas tous

Il y a tout de même un modèle qui semble tirer son épingle du jeu: les sociétés spécialisées dans la livraison de repas de restaurants, comme Wedely, Foostix ou Webfood. Renzo Bellanima, fondateur de cette dernière, le confirme: «L’activité est bonne, même légèrement supérieure à la normale.» Foostix n’a, de son côté, pas hésité à débloquer un budget de communication et des avantages pour ses clients et ses nouveaux partenaires afin de stimuler le marché.

Cependant, tous les modèles ne profitent pas de cet engouement assez logique pour les livraisons: Grouplunch, entreprise spécialisée dans la livraison aux entreprises, a vu son activité chuter de 85% depuis le début du confinement. La société a donc réorienté son activité vers les domiciles de ses clients. Mais c’est insuffisant, comme en atteste le CEO de Grouplunch, Pierre Pereira Da Silva. Grouplunch table donc sur le succès de ce service, avec son site foozo.lu, pour éviter le marasme…