ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

Pandémie

L’horeca retient son souffle et joue l’astuce



Le Bazaar adapte son activité sans pour autant tout arrêter: 80 personnes maximum, sur réservation uniquement. (Photo: Patricia Pitsch/Maison Moderne)

Le Bazaar adapte son activité sans pour autant tout arrêter: 80 personnes maximum, sur réservation uniquement. (Photo: Patricia Pitsch/Maison Moderne)

Le secteur de l’hôtellerie, de la restauration, des cafés et du catering est évidemment un des plus touchés par les conséquences de l’épidémie de coronavirus. Entre attente, inquiétude et résignation, il tente de trouver des parades sûres et efficaces face à la baisse soudaine de son activité.

Contrairement à ses voisins belges, le Luxembourg n’a encore annoncé aucune fermeture obligatoire des bars et des restaurants, comme nous l’a confirmé l’Horesca (la Fédération nationale des hôteliers, restaurateurs et cafetiers), mais le secteur de l’horeca ressent déjà de plein fouet les conséquences de l’épidémie de coronavirus.

Si hier soir, les établissements de la capitale faisaient encore le plein malgré les annulations de groupes, c’est une autre histoire aujourd’hui, notamment suite à l’interdiction de rassembler plus de 100 personnes dans un milieu confiné. C’est donc une pléthore d’événements privés et publics, de repas d’entreprise et de soirées festives qui sont d’ores et déjà à oublier, comme le confirme le chef de la Pomme Canelle à l’hôtel Le Royal Paul Fourier: «Le restaurant gastronomique tient encore le coup, mais les réservations à l’hôtel et le banquet sont durement touchés.»

À l’hôtel Le Place d’Armes, la soirée festive prévue le mercredi 18/03 est repoussée à une date ultérieure, comme d’autres événements. «Nous enregistrons les annulations les unes après les autres et nous sommes navrés de devoir repousser la soirée du 18, mais nous savons que tout le monde est touché», nous confie ainsi sa responsable marketing Laura Fabbri. Même situation pour l’hôtel Meliá au Kirchberg, où une bonne partie des événements de type banquet et d’entreprise sont annulés.

Dans les hôtels d’affaires luxembourgeois, les salles de banquet et de réunion se sont vidées. (Photo: LaLa La Photo)

Dans les hôtels d’affaires luxembourgeois, les salles de banquet et de réunion se sont vidées. (Photo: LaLa La Photo)

Du côté des restaurants et des cafés, si on ne «cède absolument pas à la panique», on adapte son activité de la manière la plus adéquate possible et des alternatives voient le jour, comme nous l’explique Stéphanie Jauquet : «L’activité ralentit dans nos deux restaurants Tempo et Um Plateau, mais nous allons mettre en place des livraisons et du ‘stop & go’. Chez Cocottes, moins d’inquiétude, le take-away est bien géré.» Idem au Kirchberg avec le groupe Manso, qui va tester un système de livraison «à la carte» ce week-end à partir du restaurant JFK.

En plein centre-ville, le très populaire Bazaar a pris une autre mesure: une jauge maximale à 80 personnes, sur réservation exclusivement, et la fermeture de l’espace festif au sous-sol. D’autres restaurants à jauge plus basse restent par contre tout à fait ouverts pour le moment, comme le Two6Two de Baptiste Heugens à Strassen ou le Clairefontaine d’ Arnaud Magnier , malgré une baisse des réservations venant du tourisme. Certains clubs, comme le Gotham au Limpertsberg, ont quant à eux pris la décision de fermer leurs portes au moins pour ce week-end.

Les traiteurs enfin sont très probablement les plus sévèrement touchés avec des annulations en masse de grands événements et donc de rentrées d’argent précieuses dans une période déjà creuse, comme nous le confirme Tom Steffen du Groupe Steffen, qui relativise tout de même: «Nous avons la chance d’avoir une activité diversifiée et même si cela ne compense pas les pertes en catering, notre activité bouchère est prise d’assaut. Mais encore plus que les annulations, ce sont les manques de demandes qui sont les plus marquantes! Quand en général nous traitons quotidiennement entre 10 et 15 demandes, ce ne sont qu’une ou deux qui nous parviennent ces derniers jours. Nous allons devoir faire avec, il n’y a malheureusement rien à faire.»