POLITIQUE & INSTITUTIONS — Politique

un parfum de crise

Quand le CSV désavoue son propre président



Le temps est à l’orage pour Frank Engel au sein de son parti. (Photo: Matic Zorman)

Le temps est à l’orage pour Frank Engel au sein de son parti. (Photo: Matic Zorman)

Via un très bref communiqué, le CSV a clairement pris ses distances par rapport à des propositions faites par son propre président dans le domaine de la fiscalité et des droits de succession. Une situation qui fait planer un lourd parfum de crise interne.

L’ambiance n’est pas au beau fixe au sein du CSV, et le temps est même à l’orage en cette seconde partie du mois d’août. En cause, deux sorties médiatiques , auprès de Reporter, d’abord, et de RTL, ensuite, du président Frank Engel . Lors de ses interventions, ce dernier a évoqué le fait que ces temps de crise imposaient de prendre des décisions fortes. Personnellement, il s’est dit en faveur, notamment, d’un impôt sur la fortune, d’une fiscalité sur les successions en ligne directe ou encore sur les transactions financières…

Même si Engel a précisé que des exonérations et des abattements devraient être prévus, ses idées ont laissé sans voix les cadres de son parti. Et contribué à créer un fameux malaise.

Car tout ce que Frank Engel propose n’a jamais figuré dans les propositions du CSV et a de quoi irriter une bonne partie de son électorat.

Quelques lignes qui sonnent comme un désaveu

Selon les informations de différents médias, une réunion de crise a eu lieu entre le président et la fraction du CSV. Personne n’a souhaité faire de commentaire à son issue. Mais un bref communiqué indique que: «Pour le CSV, le programme électoral de 2018, décidé par le Congrès national, a une position sans équivoque en matière de fiscalité: ‘Nous (le CSV) disons non à l'introduction de l’impôt sur la fortune pour les particuliers. Un impôt direct sur les successions n’est pas un thème actuel.’»

Quelques lignes qui sonnent comme un désaveu. Frank Engel aura sans doute beau jeu de prétendre s’être exprimé à titre personnel. «Il faut être sérieux: quand on est le président du CSV, est-ce que l’on peut s’exprimer à titre personnel dans des médias sur des thèmes comme ceux-là? Évidemment que non», pointe le chef de file d’un autre parti d’opposition.

Le LSAP ouvert au débat

Le vice-Premier ministre et ministre du Travail,  Dan Kersch (LSAP), a salué sur Facebook le courage de Frank Engel. Tout en estimant qu’il devait être isolé dans son propre parti et «risquait de ne pas survivre politiquement à cette avancée intéressante». Le LSAP est en tout cas, dit-il encore, ouvert à un débat sur la fiscalité sur les successions en ligne directe, qui n’est pas qu’une question de justice générationnelle, mais aussi de «justice sociale dans son ensemble».