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Le projet de P+R à Viville-Arlon est au point mort



Le parking de la gare d’Arlon n’est hélas pas utilisé que par des navetteurs. (Photo: Maison Moderne)

Le parking de la gare d’Arlon n’est hélas pas utilisé que par des navetteurs. (Photo: Maison Moderne)

Selon la SNCB, indique le ministre fédéral belge de la Mobilité François Bellot, l’offre de stationnement est suffisante en gare d’Arlon pour les navetteurs. Le projet de P+R à Viville n’apparaît donc plus comme une priorité.

Le député fédéral CDH Josy Arens, bourgmestre d’Attert, n’en a pas cru ses oreilles quand le ministre fédéral belge de la Mobilité, le libéral François Bellot, lui a expliqué que «selon la SNCB, une extension de l’offre de  parking à la gare de Viville  ne se justifie pas actuellement».  Ce qui signifie que le projet de P+R, attendu depuis des années , est au point mort.

La Région est prête, le Fédéral renâcle

Pour la SNCB, l’offre de parkings réservés aux navetteurs en gare d’Arlon est largement suffisante. Agrandi de 165 places en 2018, il peut maintenant accueillir 765 véhicules. Fort bien, si ce n’est que ces places sont aussi occupées par des gens qui souscrivent un abonnement ferroviaire Arlon-Luxembourg… mais ne montent jamais dans le train. Mais cet abonnement d’environ 80 euros, et bientôt encore moins avec la gratuité du transport public côté luxembourgeois, leur ouvre le droit à une place de stationnement 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 pour un montant nettement moins élevé que le prix du marché. Sur lequel l’offre de places de parking est quasi nulle. «Du coup, même des riverains de la gare prennent un abonnement juste pour disposer du parking», a-t-on entendu dans un récent colloque consacré aux problèmes transfrontaliers.

Cet abandon du projet de P+R révolte d’autant plus les élus locaux qu’il figure dans l’accord de coopération du 5 octobre 2018 pour un cofinancement régional-fédéral. Or, la Région est prête à débloquer l’argent.

Mais après les arguments du plan de mobilité en attente ou des infrastructures problématiques de la gare de Viville, déployés pour reporter le chantier à 2026 , c’est tout simplement l’utilité même du P+R qui est remise en question. 

Quand le directeur d’Infrabel m’a dit qu’un train ne servait pas à transporter 15 personnes d’un village à l’autre, j’ai pris cela comme une insulte.
Josy Arens

Josy Arens,  Député fédéral belge

«Pour moi cela n’a qu’une seule signification: le Sud-Luxembourg ne compte pas», indique Josy Arens à Paperjam. «Un seul critère existe à leurs yeux, et c’est celui de la densité de population. Or, cet argent est public, et chaque Belge doit être traité de la même manière. Quand Luc Lallemand (administrateur délégué d’Infrabel, en charge de l’infrastructure ferroviaire, depuis lors parti à la SNCF, ndlr) m’a dit qu’un train ne servait pas à transporter 15 personnes d’un village à l’autre, j’ai pris cela comme une insulte pour nous tous!»

Ce dossier est en tout cas parfumé d’amertume. «Je suis dégoûté, tout simplement, car je ne sais plus comment faire bouger les choses. À quoi sert encore le politique? Mais on va évidemment se battre, notamment avec Anne-Catherine Goffinet qui siège avec moi à la Chambre. Même si le Sud-Luxembourg est le dernier de leurs soucis, c’est le premier des nôtres», conclut Josy Arens.