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L’Ema se prononce ce jeudi

Pourquoi la décision sur AstraZeneca est très attendue au Luxembourg



17.000 doses reçues par le Luxembourg n’ont pas été administrées et 13.000 doses de ce fabriquant doivent arriver au Luxembourg dans les deux prochaines semaines. (Photo: Shutterstock)

17.000 doses reçues par le Luxembourg n’ont pas été administrées et 13.000 doses de ce fabriquant doivent arriver au Luxembourg dans les deux prochaines semaines. (Photo: Shutterstock)

La décision que l’Agence européenne du médicament doit prendre ce jeudi 18 mars est particulièrement attendue au Luxembourg: plus de 17.000 doses du vaccin AstraZeneca n’ont pas été administrées et à partir de lundi, leurs livraisons doivent encore s’accélérer fortement.

Ce devait être un temps fort après un an de pandémie. La campagne de vaccination contre le Covid-19 est devenue un cauchemar européen, où les politiques se substituent à l’Agence européenne du médicament au nom d’un principe de précaution qui n’est même pas contesté dans les chiffres par les accidents.

Le rétropédalage sur AstraZeneca – à quelques exceptions près comme la Belgique – pourrait avoir un effet dévastateur sur la suite de la campagne de vaccination. Qui voudra se le voir injecté dans le corps? Les uns, épuisés des mesures de restrictions, disent «moi, moi, moi» à longueur de posts sur les réseaux sociaux. Les autres, apeurés, sont nettement moins motivés.

Au total, le Luxembourg n’a administré «que» 9.088 doses de ce vaccin sur 26.400 disponibles au pays, contre 47.670 doses sur 58.230 du vaccin de Pfizer-BioNTech et 3.828 doses des 9.600 doses de Moderna.

À ces 17.312 doses encore disponibles s’ajouteront plus de 6.000 doses par semaine d’ici le début avril (6.110 la semaine prochaine et 6.676 la semaine suivante), soit près de trois fois plus que les semaines précédentes. La semaine prochaine était censée donner un coup de boost à la campagne de vaccination puisque le nombre de vaccins livrés par semaine devait passer à 12.020 et 10.186, deux fois plus que les deux dernières semaines.

La hotline soumise à forte pression

En Belgique, où l’on a continué à vacciner avec ce produit, les rendez-vous ont été massivement annulés dans certains centres de vaccination et la hotline a explosé.

Au Luxembourg, la hotline a déjà «explosé». Dimensionnée, selon la ministre de la Santé, Paulette Lenert (LSAP), pour 3.000 appels par jour dans l’appel d’offres remporté par PwC et LDL Connect pour deux millions d’euros, elle a reçu certains jours plus de 22.000 appels.

La conjonction des invitations à aller se faire vacciner reçues par la poste et de la procession dansante autour d’AstraZeneca – un pas en avant, deux pas en arrière – va forcément mettre les opérateurs sous pression.

De la deuxième phase du Large Scale Testing, qui devrait rester assez largement dans les clous budgétaires, un seul poste dépasse d’ailleurs: celui de la hotline, de plus de 210.000 euros, mais il faudra en juger fin mars, à la fin de cette deuxième phase. Car au-delà des 3.000 appels par jour, la facture augmente près de 10% par appel, de 4,52 euros l’appel à 4,92 euros l’appel.

Rien n’est prévu au-delà de 5.000, mais il faudra bien quelqu’un pour les gérer à ce moment précis de la campagne de vaccination. L’exercice n’est pas simple à réussir: les statistiques de la précédente phase indiquaient un rythme hebdomadaire d’une journée à 3.500 appels, deux autres à 2.250 et les quatre autres à moins de 2.000.

Derrière chaque appel se cache une inquiétude que les autres postes budgétaires de la campagne liée à la communication n’ont pas su aider à lever.