POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Nouvelle convention collective

Pourquoi Cactus et ses syndicats ne sont pas (ré)conciliés



Un piquet de grève a eu lieu le samedi 14 décembre devant le magasin Cactus de Howald. (Photo: Nader Ghavami/archives)

Un piquet de grève a eu lieu le samedi 14 décembre devant le magasin Cactus de Howald. (Photo: Nader Ghavami/archives)

La direction de Cactus et les représentants du personnel ne parviennent pas à s’entendre sur la nouvelle mouture de la convention collective. Une nouvelle conciliation aura lieu le 27 février.

Samedi 14 décembre, trois «piquets de protestation mobile» ont été organisés par le syndicat Commerce de l’OBGL devant les magasins Cactus de Bascharage, Howald et Belle Étoile (Bertrange), qui ont rassemblé environ 300 personnes.

Des manifestations qui font suite à un premier échec de la concertation entre la direction des magasins et les représentants du personnel devant l’Office national de conciliation (ONC) le jeudi 12 décembre.

L’ONC a été saisi début novembre , après de vaines négociations en interne concernant le renouvellement de la convention collective, lesquelles ont débuté en avril 2018 et concernent 3.200 employés du groupe.

Trois points bloquants

Le président délégué de l’ONC, Henri Theisen, a donc décrété un report de la conciliation au 27 février 2020. Pour la préparer, une nouvelle réunion interne devrait avoir lieu dans la semaine du 20 janvier. Et le jour de cette réunion, les syndicats prévoient déjà une nouvelle manifestation devant la centrale de Cactus à Windhof.

Quels sont alors encore les sujets bloquants? Les discussions achopperaient sur trois points. «Nous demandons d’abord une prime unique pour couvrir la période de négociations, qui s’élèverait à environ 30 euros par mois de discussion», affirme David Angel, secrétaire central du syndicat Commerce de l’OGBL.

Autre demande des représentants du personnel: «que les chauffeurs poids lourds, aujourd’hui considérés comme non qualifiés, soient, comme c’était le cas auparavant, reconsidérés comme qualifiés, et payés en conséquence», ajoute David Angel.

Dernier point bloquant, et pas le moindre: la revalorisation des salaires. Actuellement, les salaires augmentent de 29 euros tous les trois ans, tandis que le salaire minimum est réévalué tous les deux ans. Les syndicats souhaitent un «parallélisme» entre les deux, donc une augmentation revue tous les deux ans, et non tous les trois ans.

Voie sans issue?

Selon les syndicats, la direction a proposé d’augmenter les primes de présence à la place d’une revalorisation salariale. Ce qui ne satisfait pas les représentants syndicaux: «les cadences et charges de travail ont augmenté; les arrêts maladie aussi. Une telle prime exclurait donc les salariés malades, ce que nous ne pouvons pas accepter», déclare David Angel.

Contactée par Paperjam, la direction de Cactus souhaite «rester discrète et ne communique pas à ce stade en ce qui concerne le renouvellement de la convention collective».

L’ONC peut tout à fait échouer à trouver une issue et constater une «non-conciliation». «Si un règlement n’est pas intervenu après l’expiration d’un délai de seize semaines à compter de la première réunion de la commission paritaire, les parties au litige ou l’une d’elles peuvent décréter la non-conciliation», lit-on sur le site de l’ONC . À ce moment-là, les syndicats n’excluent pas d’exercer leur droit de grève à partir du mois d’avril.