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Enjeux Grande Région – Emploi

Portrait-robot des frontaliers



Les frontaliers représentent 45,2% de l’emploi salarié au Grand-Duché, selon les chiffres de mars 2021.  (Photo: Christophe Lemaire/Maison Moderne/Archives)

Les frontaliers représentent 45,2% de l’emploi salarié au Grand-Duché, selon les chiffres de mars 2021. (Photo: Christophe Lemaire/Maison Moderne/Archives)

Tour d’horizon de la population frontalière d’hier et d’aujourd’hui, avec Isabelle Pigeron-Piroth, chercheuse en économie à l’Université du Luxembourg, membre de l’UniGR-Center for Border Studies, spécialisée sur la question des travailleurs en contexte transfrontalier.

212.900

Les derniers chiffres publiés par l’Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS) luxembourgeoise fin novembre 2021 font état de 212.900 salariés frontaliers au Grand-Duché et soumis au régime du statut unique, c’est-à-dire qu’en sont enlevés les fonction­naires, qui sont 2.072. Parmi les salariés, on compte également 6.433 intérimaires, qui viennent principalement de France», précise Isabelle Pigeron-Piroth.

45,2%

Les frontaliers représentent 45,2% de l’emploi salarié au Grand-Duché, selon les chiffres de mars 2021. Les effectifs ont été multipliés par cinq en trente ans. Je ne crois pas trop à une baisse des effectifs de frontaliers, et ce ne serait pas bon signe non plus, car cela voudrait dire que l’économie luxembourgeoise ne va pas bien, donc ce n’est pas souhai­table. Peut-être que la croissance annuelle sera moins importante, mais c’est difficile à dire pour le moment.

69%

«Il y a des secteurs qui ne pourraient pas tourner sans les frontaliers, comme l’industrie, où ils sont 69%, ou le commerce (60%). Beaucoup de personnes pensent que les frontaliers travaillent majoritairement dans la finance, mais c’est finalement leur quatrième secteur d’activité en 2021 (avec la nomenclature NACE Rev.2). Le premier, c’est la construction pour les fronta­liers d’Allemagne, et le commerce pour les frontaliers de France et de Belgique. C’est donc une population très hétérogène», ajoute Isabelle Pigeron-Piroth.

41 ans

C’est l’âge moyen des frontaliers. «J’ai l’impression qu’aujourd’hui, de nombreux frontaliers arrivent au Luxembourg après une première expérience dans leur pays. Il y a également un vieillissement des frontaliers qui restent travailler au Luxembourg et progressent donc dans la pyramide des âges», explique Isabelle Pigeron-Piroth.