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Davantage de vaccins pour limiter la vague de grippe



Les vaccins contre la grippe sont proposés en priorité aux groupes à risque, dont la liste est d’ailleurs quasiment superposable à celle des personnes vulnérables au Covid-19: personnes âgées, adultes ou enfants souffrant de maladies chroniques, etc.  (Photo: Shutterstock)

Les vaccins contre la grippe sont proposés en priorité aux groupes à risque, dont la liste est d’ailleurs quasiment superposable à celle des personnes vulnérables au Covid-19: personnes âgées, adultes ou enfants souffrant de maladies chroniques, etc. (Photo: Shutterstock)

Pour lutter contre la grippe hivernale, l’objectif est de vacciner 110.000 personnes. Soit 30.000 de plus que les années passées. Une manière d’éviter la coexistence de la grippe saisonnière avec l’épidémie de Covid-19, qui pourrait poser des difficultés, que ce soit pour les personnes infectées ou le système de santé.

110.000 personnes vaccinées contre la grippe cette saison, c’est l’objectif que s’est fixé le Luxembourg. En temps normal, 60.000 à 80.000 personnes sont vaccinées. Ce qui représente tout de même 30.000 doses supplémentaires par rapport aux années habituelles.

La pandémie de Covid-19 est bien sûr à l’origine d’une telle prudence. L’hypothèse d’une forte hausse des infections au Covid-19 à l’automne inquiète, du fait de la rentrée scolaire, de la fin des congés et de la baisse des températures, ce qui engendrera davantage de contacts dans des lieux clos, et donc plus de risques de contaminations.

À cette recrudescence des cas de Covid-19 pourrait s’ajouter l’arrivée de la grippe saisonnière, qui débute en général à partir de novembre, avec un pic épidémique vers la fin du mois de décembre ou le début du mois de janvier.

D’autres infections causées par des virus respiratoires apparaissent d’ailleurs au début de l’automne, comme les adénovirus, les autres coronavirus ou le virus respiratoire syncytial. Mais les difficultés que peuvent causer ceux-ci, si elles sont similaires, sont le plus souvent bénignes pour les personnes affectées et ont un impact moins important sur le système de santé que la grippe, qui cause entre 65 et 95 décès par an.

Infection simultanée

La coexistence de l’épidémie de grippe avec celle de Covid-19 poserait différentes difficultés. Le directeur adjoint de la Santé, le docteur Françoise Berthet, en identifie trois principales, dont la difficulté à discerner si les personnes malades le sont en raison de la grippe ou du Covid-19.

«Plusieurs symptômes sont communs aux deux infections et toute personne grippée sera donc automatiquement suspectée de Covid-19», explique Françoise Berthet. «Ceci implique de l’isoler et de réaliser un test alors qu’habituellement, une grippe d’évolution normale ne requiert pas de test spécifique ni de mesure d’isolement stricte.» Conséquence: davantage d’incertitudes et d’inquiétudes pour les personnes concernées et davantage de personnes à examiner et à tester pour les médecins et les laboratoires.

En outre, une infection simultanée par les deux virus est possible chez la même personne. «Nous savons qu’une co-infection par le virus de la grippe et d’autres virus qui attaquent les voies respiratoires peut augmenter la sévérité et le risque de complications de la grippe», explique Françoise Berthet. Avec donc pour conséquence davantage de risques de complications respiratoires pour les personnes concernées.

Ne pas surcharger les hôpitaux

Une troisième difficulté réside dans la surcharge du système de santé, liée au cumul des personnes malades de la grippe et celles infectées par le Covid-19. «La saison de la grippe est en effet associée chaque année à une activité très soutenue pour les médecins généralistes, les services d’urgence des centres hospitaliers et les hôpitaux, qui enregistrent des taux d’occupation élevés à cette saison», explique Françoise Berthet.

Le risque est donc que les capacités de soins du système de santé en général, et des hôpitaux en particulier, soient sollicitées au point où des activités hospitalières doivent être déprogrammées. Ce qui contreviendrait à l’objectif fixé par le ministère de la Santé de poursuivre dans les hôpitaux les deux activités, Covid et hors Covid, de front.

Les 110.000 vaccins seront, comme chaque année, proposés en priorité aux groupes à risque, dont la liste est d’ailleurs quasiment superposable à celle des personnes vulnérables aux Covid-19: personnes âgées, adultes ou enfants souffrant de maladies chroniques, etc. Une stratégie similaire à celle qui se dessine pour les vaccinations au Covid-19.

Les mesures anti-Covid efficaces contre la grippe

En outre, les professionnels pour lesquels la vaccination contre la grippe est recommandée – médecins, infirmiers, employés de foyers, de maisons de retraite – «seront sensibilisés à l’importance de cette vaccination», prévient la Direction de la santé.

Un point positif reste que les mesures de distanciation sociale et les gestes barrières mis en place pour lutter contre le Covid-19 limitent en général la diffusion des infections virales transmises de personne à personne par les gouttelettes et les contacts, dont celle de la grippe saisonnière.

«Les spécialistes des maladies infectieuses s’attendent à ce que les mesures de lutte contre le Covid-19, si elles sont bien suivies, contribuent à diminuer l’intensité de l’épidémie de grippe», assure ainsi Françoise Berthet.

En Australie, les mesures anti-Covid semblent avoir été efficaces, la vague hivernale de grippe n’ayant pas eu lieu cette année. Espérons que le constat soit le même cet hiver en Europe.