COMMUNAUTÉS & EXPERTISES — Ressources humaines

SD Worx 

«Dans le domaine RH, le plus dur reste à venir»



Kobe Verdonck (à gauche) a rendu visite à ses équipes luxembourgeoises, mercredi 2 septembre. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

Kobe Verdonck (à gauche) a rendu visite à ses équipes luxembourgeoises, mercredi 2 septembre. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

SD Worx, spécialiste de l’externalisation du payroll, lance un nouveau produit… pour gérer cette tâche en interne. Le CEO global, Kobe Verdonck, et le managing director Luxembourg, Sébastien Genesca, font le point sur la stratégie de l’entreprise dans un domaine fortement impacté par la crise sanitaire.

Kobe Verdonck, CEO de SD Worx, a quitté ses bureaux anversois pour rejoindre Capellen mercredi 2 septembre pour quelques réunions avec le managing director pour le Luxembourg, Sébastien Genesca . Nous en avons profité pour les interroger sur la stratégie future du groupe. Spécialisé dans les ressources humaines, il emploie 4.200 personnes dans le monde, dont 70 au Luxembourg.

SD Worx, né en 1945, est présent au Luxembourg depuis plus de 35 ans. Une localisation stratégique pour vous?

Kobe Verdonck. – «Le Luxembourg est un marché important pour nous. Les résultats y sont très bons. Nous nous adressons à des sociétés luxembourgeoises, mais aussi à des sociétés internationales et européennes qui y ont leur ‘headquarters’. Une partie du business qu’on fait ici a donc des retombées dans d’autres pays, et vice-versa.

De très bons résultats, c’est-à-dire?

Sébastien Genesca. – «Nous avons clôturé 2019 à 6,4 millions d’euros de revenus et projetons d’atterrir cette année à 6,8 millions. Notre Ebitda tourne autour de 15% (de ce chiffre, ndlr). Depuis quatre ans, nous sommes en croissance de 10%.

K.V. – «Au niveau global, nous faisons un chiffre d’affaires qui dépasse les 500 millions d’euros et avons une croissance organique de 5 à 7% par an. Nous avons fait trois acquisitions cette année (Pointlogic HR, Adessa et GlobePayroll). Ce sont des services et outils qui s’ajoutent à notre offre et donnent une valeur supplémentaire à nos clients. D’autres vont suivre, je ne peux pas en parler pour l’instant.

S.G. – «Kobe Verdonck a axé la stratégie du groupe sur un mix de solutions. Notre core business reste le payroll (externalisation de la paie), qui représente 90% de notre activité. Mais à côté, nous sommes capables d’épauler nos clients avec des services complémentaires en ressources humaines: formation, recrutement…

Durant la crise, les clients, touchés par le chômage partiel, avaient besoin d’être épaulés pour interpréter la législation luxembourgeoise.
Sébastien Genesca

Sébastien Genesca,  managing director,  SD Worx

Cette stratégie vous a-t-elle aidés face à la crise du Covid-19?

S.G. «Avec la crise, nous avons noté une légère décroissance du nombre de bulletins calculés. Mais nos équipes ont été fortement sollicitées du côté de nos services complémentaires. Les clients, touchés par le chômage partiel, avaient besoin d’être épaulés pour interpréter la législation luxembourgeoise.

K.V. – «De ce côté, le travail a plus ou moins quadruplé d’un jour à l’autre. Nos équipes qui étaient dédiées à la vente ont dû se réorienter. Le plus dur reste à venir. Des sociétés vont peut-être tomber en faillite, et il y aura certainement des licenciements, donc du volume en moins. Notre croissance va être un peu moins importante cette année, mais nous aurons quand même de la croissance.

Comment se porte le recrutement?

K.V. – «Il y aura beaucoup moins de recrutements chez nos clients cette année, c’est clair.

S.G. – «Dans certains domaines, comme l’IT, on manque toujours de talents. Le télétravail ouvre des perspectives. Un client m’a raconté récemment qu’il s’imaginait aller chercher des compétences au Portugal et en France pour les faire travailler à distance.

Et la formation?

S.G. – «Nous avons dû fermer notre learning center pendant les mois de confinement, avant de tout digitaliser. Les gens ont tout de suite répondu présents (+25-30%). Nous avons proposé plus de formations avec des formats courts, tôt le matin ou sur la pause du midi. Pour 2021, nous envisageons de proposer beaucoup plus de sessions en e-learning.

Le Covid-19 pousse-t-il à plus de digitalisation dans le domaine des ressources humaines?

K.V. – «La digitalisation devient très importante. Les clients demandent de nouveaux services, et nous sommes là.

Nous nous adressons à de nouveaux clients que nous n’arrivions pas à atteindre avant: ceux qui veulent gérer la paie chez eux grâce à une solution digitalisée.
Kobe Verdonck

Kobe Verdonck,  CEO,  SD Worx

Avez-vous prévu des projets dans ce sens pour la suite?

K.V. – «Nous avons lancé un nouveau produit sur le marché luxembourgeois en juillet, GlobePayroll (après son acquisition, ndlr). C’est une solution intégrée qui va recouvrir toute la gestion du personnel (calcul de la paie, reporting). Nous nous adressons à de nouveaux clients que nous n’arrivions pas à atteindre avant: ceux qui veulent gérer la paie chez eux grâce à une solution digitalisée. Nous avons déjà un premier client, le voyagiste Demy Schandeler.

Nous avons déjà lancé le produit en France il y a un an. Le Luxembourg sera le deuxième pays. Un nouveau contrat va suivre à l’échelle européenne, avec un grand retailer aux Pays-Bas. Nous attendons une forte croissance là-dessus.

(Le montant de l’acquisition et le prix pour les clients ne sont pas divulgués, ndlr).

Cette solution ne risque-t-elle pas de concurrencer votre activité principale, qui est l’externalisation du payroll?

K.V. – «Nous voulons être là pour les clients. Si c’est une concurrence, ce sera une belle concurrence.

Y a-t-il des recrutements prévus au Luxembourg?

S.G. – «Oui. Nous sommes à la recherche de deux personnes en prévision de nouveaux dossiers pour notre activité de gestion de paie. Le lancement de GlobePayroll amènera à structurer tout un service autour de cela.

Kobe Verdonck, cela fait également un an que vous avez pris vos fonctions de CEO. Comment avez-vous vécu cette crise, seulement quelques mois après votre arrivée?

K.V. – «J’ai fait six mois avec et six mois sans Covid. Au début, c’est une tempête. Nous avions deux choses en tête: nos employés, qu’ils soient toujours en sécurité, et nos clients. Ils ont apprécié notre travail, et cela démontre ce que je savais déjà: nous avons des équipes fantastiques.»