PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Marchés financiers

Vue des marchés

Le patron du fonds souverain norvégien pessimiste



Les mannes issues du pétrole et du gaz ne suffiront pas à compenser les pertes prévisibles du fonds de pension norvégien. (Photo: Shutterstock)

Les mannes issues du pétrole et du gaz ne suffiront pas à compenser les pertes prévisibles du fonds de pension norvégien. (Photo: Shutterstock)

Le plus grand fonds souverain au monde pourrait perdre 40% de ses actifs en cas de stagflation prolongée, selon Nicolai Tangen, le directeur général de Norges Bank Investment Management. Victime emblématique d’un changement de paradigme économique et financier.

Le plus grand fonds souverain au monde pourrait perdre 500 milliards d’euros, soit 40% de ses actifs en cas de stagflation prolongée, selon Nicolai Tangen, le directeur général de Norges Bank Investment Management qui gère le fonds. Si la hausse du pétrole et du gaz fait les affaires de la Norvège, son fonds souverain est frappé de plein fouet par l’inflation, la détérioration de la croissance mondiale et la chute généralisée des marchés accélérée par la crise ukrainienne.

500 milliards d’euros, c’est l’équivalent de la hausse d’actifs enregistrée par le fonds, ces sept dernières années. Au premier trimestre, il a déjà perdu 67,5 milliards d’euros. Ces pertes s’expliquent par la politique d’investissements du fonds fixée par le gouvernement, qui l’oblige à suivre l’évolution générale des marchés sans flexibilité ni marge de manœuvre. Contrairement à d’autres fonds similaires très diversifiés, le fonds norvégien est investi majoritairement sur deux classes d’actifs: les actions à 72%, et les obligations à 25%.

Il ne fait guère de doute que la montée des tensions entre les superpuissances et la remise en cause de la mondialisation vont affecter les marchés.
Nicolai Tangen

Nicolai Tangen,  directeur général,  Norges Bank Investment Management

Dans un contexte de stagflation qui s’ancre dans la réalité, même l’injection des bénéfices issus du commerce du pétrole et du gaz favorisant le rachat de titres sous-cotés ne suffira pas à équilibrer les comptes.

Dans cette nouvelle configuration de marché, Nicolai Tangen – issu du monde des hedge funds – affirme ne disposer d’aucune classe d’actifs où se réfugier: «Il n’y a plus nulle part où se cacher», a-t-il affirmé devant la Chambre des députés de Norvège. «La stagflation est le pire que l’on puisse imaginer.»

Le directeur du fonds a élargi son propos. Pour lui: «Les conséquences géopolitiques de la guerre sont difficiles à prédire, mais nous allons sans doute au-devant des plus importants changements depuis 30 ans… Il ne fait guère de doute que la montée des tensions entre les superpuissances et la remise en cause de la mondialisation vont affecter les marchés.»

«Tout cela mis bout à bout signifie que nous allons au-devant d’une période agitée», a-t-il prédit.