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OUI, chef! 

La pâque très spéciale d’Alexandra Kahn



Alexandra Kahn table sur les livraisons et l’engouement des sociétés pour traverser ces fêtes de Pâques en plein confinement... (Photo: Studion Photography)

Alexandra Kahn table sur les livraisons et l’engouement des sociétés pour traverser ces fêtes de Pâques en plein confinement... (Photo: Studion Photography)

À la tête de la chocolaterie Genaveh depuis à peine deux ans, Alexandra Kahn s’apprête vivre des fêtes de Pâques forcément particulières, entre livraisons et arrivée au Bon Marché de Paris.

Quel est le parcours qui vous a amenée à la tête de Genaveh?

Alexandra Kahn. – «Je dois d’abord vous dire que je ne viens pas du tout du milieu de la gastronomie, au départ! J’ai plutôt étudié la gestion, et j’ai travaillé pendant quatre ans à Hong Kong dans une banque et dans le marketing de luxe au début de ma carrière. Cependant, cela me satisfaisait tout en me donnant un arrière-goût de manque, d’absence de passion. Je suis alors rentrée en Europe et j’ai fait de la pâtisserie et des chocolats pour le plaisir. Beaucoup de pâtisseries et de chocolats! J’ai alors su que j’avais trouvé ma nouvelle voie. J’ai effectué un stage à Deauville et chez Cyril Lignac. Puis, mon père, qui réside à Luxembourg, m’a parlé de la mise en vente de la chocolaterie Genaveh. Cela a pris un an pour trouver un accord, et alors que je m’apprêtais à commencer une formation chez Ferrandi à Paris, la vente a été conclue. J’ai donc pris mes valises et je suis venue me lancer à corps perdu dans ce nouveau projet!

Quelles sont les particularités qui font le succès de vos chocolats?

«Il y a plusieurs atouts. Tout d’abord, les chocolats Genaveh sont un mélange de tradition et de technique belges, de finesse et de sophistication françaises et d’influences venant du monde entier. Nous avons par exemple plus de 80 recettes de pralines! Et elles sont gourmandes, ne jouent pas le faux minimalisme. Mais il y a aussi une super équipe derrière, qui est là depuis des années, comme Ana, ma chef de production. Pour compléter cette équipe qui roulait déjà très bien à mon arrivée, j’ai engagé un jeune chocolatier, Romain, il y a un an.

Comment avez-vous réussi à intégrer les rayons du célèbre Bon Marché à Paris?

«Lorsque j’ai pris la tête de Genaveh, je n’avais presque rien à faire quant à la qualité des chocolats, qui était déjà exceptionnelle. Je me suis donc concentrée sur la refonte de l’image de la marque et les packagings avec pour objectif de me développer, au Luxembourg bien sûr, mais aussi à l’étranger. Étant d’origine parisienne, j’avais naturellement envie de commencer par la capitale française, mais le marché y est très concurrentiel, et il faut trouver la bonne porte d’entrée. Et quelle meilleure porte d’entrée que le Bon Marché et la Grande Épicerie? Après leur avoir envoyé plusieurs échantillons saisonniers, qui ont beaucoup plu tant au niveau de l’image que du goût, ils m’ont proposé au bout de quelques mois d’intégrer un nouvel espace concept ‘Nouvelle Garde’. J’aurais dû être sur place pour trois semaines d’ailleurs, afin de faire déguster nos créations pendant les fêtes de Pâques...

Justement, comment s’annoncent ces fêtes de Pâques en plein confinement?

«C’est difficile! Même si ce n’est pas Noël – heureusement –, Pâques est tout de même la seconde plus grosse période de l’année pour nous, celle qui permet de générer de la trésorerie avant l’été, une période moins active pour les chocolats. Nous avons eu des annulations, et il y a clairement un manque de commandes. Mais par chance, une bonne partie des commandes ont été reportées à l’après-confinement. Nous travaillons aussi assez bien avec Lëtzshop et les livraisons aux particuliers, mais surtout avec les entreprises. Et puis, nous sommes toujours présents dans nos points de vente encore ouverts comme le Pall Center, Alavita, Monoprix ou Auchan. Mais cela ne me permet que de garder deux personnes à la production.

Pour terminer sur une touche sucrée plus légère, quelle(s) serai(en)t la ou les collaboration(s) de rêve d’Alexandra Kahn?

«En tant que grande fan de pâtisserie, j’aimerais bien sûr collaborer avec un personnage comme Cédric Grolet. Mais nous avons aussi de superbes talents à Luxembourg, comme Yves Jehanne par exemple, qui a créé le collectif Les Sucrés du Lux dont nous faisons partie. Je n’ai jamais eu l’occasion de travailler avec Anne Faber ou Cathy Goedert non plus, et j’aimerais beaucoup voir ce qui est possible en matière de collaboration avec elles! Sinon, à Paris, j’ai eu le plaisir de rencontrer l’équipe de Confiture Parisienne, dont j’admire vraiment le travail...

Genaveh

52A, rue de Koerich, Steinfort

T. 27 62 16 17