POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

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Paperjam Conversations #4: Nicolas Schmit



Pour cet épisode #4 du podcast «Paperjam Conversations», le commissaire européen Nicolas Schmit évoque les défis sociaux générés par la crise du Covid et les mutations du monde du travail. Il en profite aussi pour confier quelques judicieux conseils aux jeunes générations.

Ancien ministre désormais commissaire européen en charge du Travail et des Droits sociaux, Nicolas Schmit doit assumer une feuille de route bien remplie. Avec notamment l’ambition de parvenir à un accord au niveau d’un salaire minimal décent dans tous les pays de l’Union européenne.

La crise sanitaire va-t-elle encore creuser les inégalités sociales en Europe?

Nicolas Schmit . – «Le sujet des inégalités sociales est primordial. Ce n’est pas que moi qui le dis. Christine Lagarde, de la Banque centrale européenne, en a fait aussi un sujet central. Quand je vois la situation, on a en Europe environ 95 millions de pauvres ou de personnes en risque de pauvreté avant la crise. J’ai entendu un appel presque désespéré, presque déjà, du Secours populaire français, qui n’a jamais vu autant de gens demander de l’aide en France. Donc, il y a une situation effectivement dramatique parmi beaucoup de citoyens qui ont perdu leur emploi, qui étaient dans une situation assez précaire. Il y a donc un risque que la pauvreté augmente en Europe, après quelques réussites.

Vous avez évoqué la nécessité de requalifier 50% de la main-d’œuvre européenne dans les cinq ans. Cela paraît gigantesque…

«Oui, car les défis sont gigantesques. Nous allons maintenant aborder la transformation de nos économies dans un sens plus soutenable. Le changement climatique est une réalité à laquelle il faut faire face. Cela implique des transformations profondes dans nos systèmes de production, de mobilité, de transformation… Donc des emplois vont changer, de nouveaux vont apparaître, mais vont aussi disparaître. Et donc, des gens qu’il faut requalifier. Actuellement, 38% des adultes ont accès à une formation continue. Nous avons l’objectif, endéans les cinq ans, de porter cela à 50%.

Ce sera ainsi que l’Europe gagnera la bataille de la digitalisation?

«Cela fait partie de cette bataille. La digitalisation ouvre un champ énorme pour l’Europe, pour son économie, pour la digitalisation de son économie, mais cela comporte aussi des risques.»