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Pour faire face à la crise

Ni dividendes, ni rachats d’actions, préconise la BCE



La BCE a recommandé aux banques de conserver un coussin de fonds propres pour faire face aux difficultés annoncées à la rentrée. (Photo: Shutterstock)

La BCE a recommandé aux banques de conserver un coussin de fonds propres pour faire face aux difficultés annoncées à la rentrée. (Photo: Shutterstock)

La rentrée de septembre promet d’être compliquée. Aussi, la Banque centrale européenne a-t-elle invité les banques à suspendre les dividendes et les rachats d’actions.

La Banque centrale européenne (BCE) a étendu, mardi, sa recommandation aux banques sur les distributions de dividendes et les rachats d’actions jusqu’au 1er janvier 2021 et demandé aux banques d’être extrêmement modérées en matière de rémunération variable. Dans un communiqué , elle a également précisé que «cela donnerait suffisamment de temps aux banques pour reconstituer leurs coussins de fonds propres et de liquidités afin de ne pas agir de manière procyclique».

Un nouvel examen de la situation sera fait au quatrième trimestre, et, si tout va «bien», les banques dont les fonds propres sont suffisants pourront reprendre le paiement des dividendes, dit-elle.

Elle appelle aussi les dirigeants à revoir la rémunération variable et à préférer les paiements en actions propres, par exemple.

La BCE assure aussi que les banques pourront opérer en dessous du «Pilier 2 Guidance» jusqu’à la fin de 2022 au moins et en dessous du ratio de couverture des liquidités jusqu’à la fin 2021 sans déclencher d’action de surveillance spécifique.

Selon une analyse de la BCE , les banques résisteraient aux impacts du coronavirus. «Le scénario central épuise le ratio de fonds propres agrégés (CET1) des banques d’environ 1,9 point de pourcentage à 12,6%, et le scénario sévère de 5,7 points de pourcentage à 8,8% d’ici la fin 2022», dit le résumé, qui pointe aussi les risques de crédits dépréciés et les pertes au risque de marché.

«Les résultats montrent à quel point il était important que les banques aient renforcé leur position en capital ces dernières années à la suite des réformes réglementaires qui ont suivi la crise financière. Les mesures extraordinaires et coordonnées de soutien politique ont déjà contribué à atténuer l’impact de la pandémie sur l’économie», a déclaré Andrea Enria, président du conseil de surveillance.

«Cependant, si la situation s’aggrave dans le sens du scénario sévère, les autorités doivent se tenir prêtes à mettre en œuvre de nouvelles mesures pour empêcher un désendettement simultané des banques, ce qui pourrait aggraver la récession et affecter gravement la qualité de leurs actifs et leurs positions en capital.»