POLITIQUE & INSTITUTIONS

Interrogations au Luxembourg

Un nouvel incident à Cattenom fait craindre le pire



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Malgré les demandes répétées des autorités luxembourgeoises, la fermeture de la centrale de Cattenom n'est pas annoncée par Paris. (Photo: Licence C.C.)

L’annonce, lundi après-midi, d’une évacuation partielle de la centrale nucléaire française a poussé deux députés Déi Gréng à poser une question urgente à la ministre de l’Environnement et à celle de la Santé, en raison d’un manque de communication d’EDF.

Une semaine après ce qui s’est révélé être une fausse alerte, Cattenom refait parler d’elle. Plusieurs médias ont effectivement fait état, lundi après-midi, d’une évacuation partielle de la centrale nucléaire française suite au déclenchement d’une alarme au sein du réacteur n°3 au cours d’une opération de maintenance. Plusieurs techniciens ont dû être évacués du site et soumis à des examens radiologiques suite à des soupçons de contamination, selon les médias, sans qu’aucune confirmation n’ait été apportée de la part de la direction de la centrale, gérée par EDF.

Pour tenter de lever le voile autour de ce nouvel incident, Josée Lorsché et Henri Kox (Déi Gréng) ont posé lundi soir une question parlementaire urgente à destination des ministres de l’Environnement et de la Santé, Carole Dieschbourg (Déi Gréng) et Lydia Mutsch (LSAP). Outre les interrogations autour de la raison du déclenchement de l’alarme et de la possibilité d’une éventuelle fausse alerte, les deux députés s’interrogent sur la politique de communication des autorités françaises autour de cette question.

Fermeture demandée à François Hollande et Manuel Valls

Dans leur question parlementaire, les élus aimeraient donc savoir si les autorités luxembourgeoises ont été «immédiatement informées de cet incident» et posent ouvertement la question d’une amélioration de «la politique de communication de la centrale». Deux critiques qui reviennent régulièrement au vu des incidents qui émaillent régulièrement la vie de la centrale nucléaire mosellane, située à quelques dizaines de kilomètres de la frontière luxembourgeoise.

C’est cette proximité, ajoutée à l’âge désormais avancé de l’installation, qui pousse depuis plusieurs années les responsables luxembourgeois à plaider pour une fermeture pure et simple de la centrale. Évoquée directement par Xavier Bettel lors de la visite du président de la République en mars 2015, puis du Premier ministre Manuel Valls en avril 2016, cette question n’a jamais reçu officiellement de réponse positive de la part de Paris.

Plus de 9.900 signatures contre Cattenom

Seul un cafouillage survenu en mai 2016, suite aux propos de la ministre française de l’Environnement Ségolène Royal lors de l’évocation du plan de réduction du nucléaire, avait donné un peu d’espoir au gouvernement. Le démenti était finalement vite survenu en raison notamment des 1.200 emplois directs concernés par une telle décision.

Une pétition publique, déposée en mars 2016 à la suite d’un rapport allemand qui dénonçait les lacunes du site en matière de refroidissement, d’alimentation électrique d’urgence et de coordination des dispositifs de sécurité, avait recueilli pas moins de 9.900 signatures. Pour tenter de faire entendre leur voix, les autorités luxembourgeoises s’étaient alors tournées vers Bruxelles. Sans réponse concrète à ce jour.