POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Réunions à Bruxelles

Un Eurogroupe pour «résoudre les contradictions»



Pour Pierre Gramegna, il faut laisser la porte ouverte aux discussions. (Photo: DR)

Pour Pierre Gramegna, il faut laisser la porte ouverte aux discussions. (Photo: DR)

Les ministres des Finances de la zone euro réunis à Bruxelles ont indiqué attendre de leur nouveau collègue grec des propositions concrètes. En vain

Les arrivées à la réunion de l’Eurogroupe qui était organisée à 11 heures ce mardi à Bruxelles montraient combien la situation vis-à-vis de la Grèce est ambivalente. On pouvait tantôt entendre des déclarations jusqu’au-boutistes afin d’afficher une solidarité sans faille, tantôt lire une certaine forme de lassitude, après plusieurs semaines de discussions et de coups de théâtre, le dernier en date étant la démission du ministre des Finances grec Yánis Varoufákis, remplacé par Euclide Tsakalotos hier.

Pour le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, représentant d’une ligne ferme vis-à-vis de la Grèce, notamment quant à l’allègement de sa dette qui s’élève à 322 milliards d’euros, le choix des Grecs dimanche soir doit être respecté, mais il ne peut que constater, à ce stade, le manque de propositions côté grec.

Pour le commissaire européen aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, en charge de présenter les solutions techniques de la Commission, le Grexit serait «un échec terrible».

«C’est aux autorités grecques de dire comment elles veulent agir pour éviter le scénario du pire», ajoute M. Moscovici, qui espère que les jeux politiques seront mis de côté.

Quant au ministre des Finances luxembourgeois, la tonalité est la même: «Nous attendons une suggestion claire de la part du gouvernement grec, vers où il veut aller. Nous avons besoin de propositions de leur côté.»

Pierre Gramegna, en tant que représentant du gouvernement assumant la présidence tournante de l’Union européenne, indique cependant qu’il revient au Luxembourg d’écouter toutes les propositions qui seront mises sur la table.

Une position d’ouverture nuancée par une interrogation: «Nous voulons comprendre comment ils veulent résoudre ce qui s’apparente à une contradiction, avec d’un côté la volonté de rester dans l’eurozone et d’un autre côté dire que les propositions sur la table ne sont pas acceptables.»

Les chefs d’État et de gouvernement se réuniront quant à eux ce soir pour évoquer le dossier.