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Tout sur la blockchain (1/5)

Qu’est-ce que la blockchain?



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La blockchain est avant tout un protocole cryptographique qui définit les étapes à suivre pour échanger des informations. (Photo: Shutterstock)

On lui prête un potentiel de disruption – dans le secteur financier, mais pas seulement – parmi les plus importants du moment. Pourtant, elle reste mal comprise, même par ceux qui l’utilisent. Retour sur les bases du fonctionnement d’une technologie atypique.

Il est parfois utile de rappeler quelques principes fondamentaux pour bien comprendre une idée. En ce qui concerne la blockchain, il est donc important de mentionner que cette technologie se résume d’abord à une ligne de code.

Celle-ci contient toutes les informations d’un protocole, c’est-à-dire les étapes à suivre pour échanger des informations au sein d’un réseau d’ordinateurs, sans intermédiaires.

Dans son sens large, la blockchain est associée non seulement à ce protocole, mais aussi au réseau d’ordinateurs dont elle dépend et à la base de données qui est liée à ce réseau. Car c’est sur ce dernier point que se différencie cette technologie par rapport à celles plus classiques d’échanges de fichiers de pair à pair.

Blocs indissociables

Chaque nouvelle modification de cette base de données doit en effet être validée par l’ensemble des ordinateurs composant le réseau. Ces validations utilisent des techniques cryptographiques. Une fois inscrite, la modification ne peut être effacée. C’est pour cela que l’on parle souvent de grand registre infalsifiable.

Le nom de «blockchain», chaîne de blocs en français, provient du fait que ces mises à jour de la base de données sont réunies dans un intervalle de temps donné – il peut s’agir de quelques secondes ou plusieurs minutes – dans un bloc, qui est lui-même accroché à une chaîne, dont il devient indissociable.

Des «tokens» aux multiples applications

À l’intérieur du réseau d’ordinateurs d’une blockchain, il est possible d’échanger des «tokens», qui correspondent à des jetons à qui l’on attribue une certaine valeur ou un service. Il en existe trois types. Les «currency tokens», qui correspondent à la devise interne de la blockchain, les «utility tokens» qui donnent accès à des services au sein de la blockchain, et les «security tokens», qui sont liés à des actifs réels.

Les cryptomonnaies, le bitcoin en tête, sont les devises internes des blockchains dont elles portent le nom. Les ICO (Initial Coin Offerings), ces levées de fonds utilisant la blockchain, permettent aux investisseurs d’acquérir des «utility tokens», c’est-à-dire des jetons qui leur donneront l’accès à certains services développés par la société en question. Enfin, les «security tokens» correspondent à une part d’un actif réel, sur le modèle des titres que l’on connaît dans le secteur financier.

Publiques et privées

Il existe deux types de blockchains, les publiques et les privées. Les premières sont des réseaux ouverts à tous. Leur intérêt est qu’elles réunissent un nombre tellement grand d’acteurs qu’elles en deviennent infalsifiables. Il est en effet impossible que tout le monde se mette d’accord pour décider de valider de fausses informations ou transactions.

Ce type de blockchain assure donc un degré de confiance élevé à ses utilisateurs. C’est notamment pour cela que des sociétés informatiques décident de baser leurs services sur des blockchains publiques, comme celles de bitcoin ou d’ethereum, pour ne nommer que les plus connues.

Les blockchains privées, par contre, se résument à un nombre de membres restreint. Leur application est donc différente. Certaines sociétés décident, par exemple, de créer des blockchains privées pour gérer un consortium. L’intérêt, dans ce cas, est de pouvoir partager et tracer l’information échangée par les différents acteurs.