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«Parler d’une seule voix sur le fait frontalier»



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Les présidents des huit EPCI formant le pôle métropolitain frontalier étaient présents ce mercredi lors du lancement de la structure. (Photo: CAPFT / Stéphane Thévenin)

Le pôle métropolitain frontalier a officiellement été créé au 1er janvier. Composé de huit établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) du nord de la Lorraine, il a pour but d’être un territoire d’«expérimentation» sur les problématiques frontalières.

«Auparavant, nous avions un État, le Luxembourg, comme interlocuteur unique et qui parlait d’une seule voix, et de l’autre côté de la frontière, des élus lorrains qui pouvaient apparaître divisés.» Et selon Michel Liebgott, président de la communauté d’agglomération du Val de Fensch, cette époque est désormais révolue, avec la création, le 1er janvier dernier, du pôle métropolitain frontalier (PMF).

Deux ans de travail ont permis à huit établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) du nord de la Lorraine de se réunir sous un seul syndicat mixte, dont chaque président était présent ce mercredi à une conférence de presse de lancement.

Un territoire qui concentre 70% des frontaliers lorrains

«Nous ne voulons pas être une nouvelle strate», insiste Pierre Cuny, président de la communauté d’agglomération Portes de France-Thionville, et récemment élu président du Sillon lorrain. «Notre but est de faire remonter des idées, des solutions sur les problématiques frontalières. Il y avait un vrai besoin d’être visibles, nous avons assez subi.»

Car ces huit territoires, qui comptent au total plus de 337.000 habitants, représentent près de 70% des 90.000 Lorrains qui franchissent tous les jours une frontière pour aller travailler.

Un «laboratoire» du fait frontalier

Même si l’interlocuteur principal du Luxembourg reste le préfet du Grand Est, Jean-Luc Marx, le but du PMF est de proposer des idées, dans un premier temps sur quatre grands sujets transversaux: la mobilité, le développement économique, la santé, et la petite enfance.

«Nous voulons être une sorte de territoire d’expérimentation, de laboratoire du fait frontalier», précise Pierre Cuny. «Sur le télétravail, par exemple, ou comment améliorer les conditions de vie au quotidien des citoyens frontaliers. La structure va être un élément d’appui pour l’État français.»

Une présidence tournante

Car aujourd’hui, comme l’expliquait il y a quelques semaines à Paperjam Rémy Dick, maire de Florange, «il y a une vraie fracture sociale entre les Lorrains qui travaillent en France et ceux qui travaillent au Grand-Duché. Les solutions qui vont émerger des réunions de nos commissions seront à destination de ces deux populations», confirme Michel Liebgott. 

55 conseillers métropolitains travailleront sur ces idées, et un président sera élu dans le courant du mois de février. «Ce sera une présidence tournante de 18 mois», expliquent les élus. De premières idées devraient être communiquées «dans les prochains mois».