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Secteur de la construction

«Nous n’avons jamais quitté les négociations»



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Les négociations pour un nouveau contrat collectif dans le secteur de la construction s’enlisent. Du déjà-vu. (Photo : Maison Moderne)

Le patronat assure qu’il ne bloque pas les négociations pour un nouveau contrat collectif dans le secteur du bâtiment. Le Groupement des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics reproche des «contrevérités» et de mauvaises intentions de la part des syndicats.

«Notre objectif était de conclure les négociations fin 2017», déclare le secrétaire général du Groupement des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics. Pol Faber expliquait ce vendredi à Paperjam que contrairement aux affirmations des syndicats ce jeudi, le patronat serait entièrement disposé à poursuivre les négociations.

Le représentant des entrepreneurs explique que ces derniers avaient proposé des hausses tarifaires et des salaires réels. Or, soudainement, pendant les négociations l’année dernière, les syndicats auraient modifié leurs revendications en ajoutant la demande d’une prime unique de 600 euros.

Bien qu’il soit normal que chaque parti ait des revendications opposées qui sont ensuite négociées, une telle modification pendant les négociations n’avait jamais été connue auparavant. «C’est tout de même compréhensible que cela nous ait remontés», raconte Pol Faber.

Doucement avec les hausses

Alors que les patrons proposaient une hausse des barèmes de 0,7% et une prime, Pol Faber avertit que des hausses trop élevées exposeraient les entreprises luxembourgeoises à la pression venant de l’étranger.

Certes, les carnets de commandes seraient pleins au Luxembourg, mais cela ne serait pas le cas dans la Grande Région où «il ne se passe strictement rien dans le secteur de la construction». Tandis que les entreprises étrangères doivent respecter les barèmes tarifaires, le niveau des salaires réels ne les concerne pas, explique Pol Faber.

Pour ce qui est des barèmes, il appelle également à la retenue, car «les syndicats ne veulent pas comprendre que si nous augmentons les tarifs, ces derniers se rapprocheront des salaires réels». Or, cela priverait les entrepreneurs de la possibilité de payer plus leurs employés qui travaillent plus.

Pour une heure de plus

Pol Faber dénonce une autre «contrevérité»: l’affirmation selon laquelle les patrons voudraient à nouveau tenter de flexibiliser le temps de travail comme avant 2013, lors des négociations pour le dernier contrat collectif.

«Nous n’avons jamais, mais vraiment jamais dit que les ouvriers devraient travailler 12 heures par jour», s’insurge le secrétaire général du Groupement des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics. Il explique que les entrepreneurs – conscient que cela représente une ligne rouge pour les syndicats – auraient simplement souhaité pouvoir discuter de la possibilité «d’arriver à neuf heures pendant des périodes limitées».

Ce qui compte, ce serait de trouver un moyen de travailler une heure de plus quand il fait beau et moins quand il fait mauvais.

Mauvaise foi syndicale?

À huit mois des législatives, Pol Faber craint que les entrepreneurs deviennent des jouets de la politique: «Vous le savez très bien, si un syndicat fait des menaces de grève pendant une année électorale, les partis s’inclinent plus facilement.»

D’autre part, Pol Faber estime que les syndicats viseraient délibérément la procédure de conciliation, car ces derniers savent très bien qu’une fois cette procédure lancée, les patrons devraient faire des concessions.

«C’est pourquoi nous nous sommes dit: ‘Arrêtons ça.’ Lors de la première réunion avec les syndicats, nous avons proposé d’être fair-play et d’avancer rapidement. Mais je crains que ce soit une cause perdue», soupire Pol Faber.