POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Négociations du Brexit

May et Juncker entendent «accélérer les efforts»



Le dîner de travail entre Theresa May et Jean-Claude Juncker intervient à quelques jours du début d'un Conseil européen qui doit bloquer le passage à la deuxième phase des négociations du Brexit. (Photo: Commission européenne/archives)

Le dîner de travail entre Theresa May et Jean-Claude Juncker intervient à quelques jours du début d'un Conseil européen qui doit bloquer le passage à la deuxième phase des négociations du Brexit. (Photo: Commission européenne/archives)

Suite au dîner de travail qui s’est tenu lundi soir entre la Première ministre britannique et le président de la Commission européenne, les deux dirigeants ont annoncé leur volonté d’aller plus vite, sans toutefois faire état d’avancées concrètes.

La rencontre était attendue. Elle se voulait capitale mais n’aura finalement abouti qu’à la mise en place d’un accord de principe. Celui «d’accélérer les efforts dans les mois à venir» quant à la mise en place du Brexit, selon les termes du bref communiqué commun publié lundi soir. Ce dernier précise également que la Première ministre britannique et le président de la Commission européenne se sont «penchés sur les avancées faites jusqu’ici» depuis l’ouverture des négociations qui visent à mettre sur pied les conditions mais aussi les droits et les devoirs des deux parties suite au divorce voulu par le référendum du 23 juin 2016.

La visite de Theresa May à Bruxelles, annoncée dimanche soir, intervient dans le contexte d’enlisement des discussions, après cinq rounds de négociations. Un blocage lié à la différence d’approche des deux parties, les Britanniques souhaitant avant tout parler de la mise en place de la future relation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne – et donc des échanges commerciaux -, les 27 souhaitant d’abord régler les questions liées aux droits des citoyens, celle de la frontière nord-irlandaise et enfin du montant de la facture que Londres devra payer en vertu de ses engagements financiers passés.

Dans leur communiqué conjoint, Theresa May et Jean-Claude Juncker assurent avoir eu «des échanges étendus et constructifs sur les défis européens et mondiaux actuels». Soit une position plus diplomatique que ce que n’avait laissé sous-entendre le jour même l’ancien Premier ministre luxembourgeois qui, interrogé lors de la visite du Premier ministre français à Bruxelles, avait assuré que les résultats de ce dîner seraient visibles «à l’autopsie».

À noter également que Boris Johnson, ministre britannique des Affaires étrangères, était présent au Grand-Duché. Selon le communiqué officiel du ministère des Affaires étrangères, «les ministres ont évoqué la situation politique et économique au Royaume-Uni, avant d'aborder en profondeur les négociations en vue du retrait du pays de l'Union européenne.»

Officiellement présent dans le cadre du Conseil des Affaires étrangères qui se tient jusqu’à ce mardi, il a notamment visité l’exposition sur le deuxième Traité de Londres de 1867 garantissant la neutralité du Luxembourg. Une visite étonnante de la part de l’un des partisans de la mise en place d’un «hard Brexit» et opposant interne à Theresa May qui pourrait être interprétée comme un message politique…