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Au Forum économique de Davos

Macron: «France is back»



Éducation, environnement, innovation: les défis majeurs pour l’Union européenne et le monde en général ont été présentés mercredi avec les interventions d’Angela Merkel et Emmanuel Macron au Forum de Davos.

Si Davos est le rendez-vous des grands chefs d’entreprise, le Forum laisse aussi la part belle aux dirigeants mondiaux, comme c’était le cas mercredi avec la dirigeante allemande dans l’après-midi, et le dirigeant français quelques heures plus tard. La veille, c’est Justin Trudeau, Premier ministre canadien, qui a fait son allocution.

Coutumier du fait, ce dernier a insisté sur l’égalité homme-femme et a présenté son initiative pour la prochain G7 qui se tiendra au Canada. La philanthrope Melinda Gates et l’ambassadrice du Canada en France, Isabelle Hudon, coprésideront le Conseil consultatif pour l’égalité des sexes du G7, thématique qui sera largement à l’honneur pour cette édition.

La France est de retour au centre de l’Europe

Emmanuel Macron, président français

Emmanuel Macron a salué cette initiative et a insisté largement sur l’importance de l’éducation dans son discours. Une meilleure éducation pour mieux armer les populations face à une économie en perpétuel changement. Après avoir déroulé les mesures prises en France pour «le capital humain» – «nous avons besoin de moins d’armes, mais de plus de cerveaux» a-t-il fait valoir –, le président français a égrené sa politique du «en même temps», qui inclut aussi bien une baisse des impôts pour les entreprises qu’une meilleure protection des travailleurs. «La France est de retour au centre de l’Europe», a-t-il déclaré, martelant que la France se devait d’être attractive pour les talents et miser sur le volet Recherche et développement.

Au niveau mondial, Emmanuel Macron a insisté sur l’éducation des jeunes filles et son importance pour un développement durable à long terme: «Quand on investit un euro en Afrique, il faut aussi investir un euro pour l’éducation des filles», un investissement majeur selon lui.

Si les dirigeants ne sont pas au défi des enjeux de la mondialisation, c’est le populisme qui guette: «Il faut redonner un sens à la mondialisation, sinon les extrêmes gagneront», un discours largement partagé par Angela Merkel qui a insisté plus tôt sur la coopération au niveau européen.

Les États doivent reprendre la main

Mais c’est bien les Gafa qu’avait en ligne de mire le Français mercredi à Davos. Il a ainsi rappelé que ces derniers ont privatisé aux États-Unis des enjeux de société cruciaux. «Les États doivent reprendre la main» a-t-il dit en substance, notamment en matière fiscale: «Je ne peux pas dire à ma start-up locale qui veut se développer qu’elle doit payer ses impôts, alors que pour les grands qui ont réussi, ce n’est pas le cas. C’est un modèle injuste, mais il faut s’y attaquer tous ensemble».

Une coopération fiscale au moins au niveau européen, mais idéalement mondial qu’Emmanuel Macron a souhaité, avec un renforcement du rôle du FMI au niveau de la régulation mondiale. «Il faut arrêter l’optimisation fiscale à tout crin» a ajouté le président français.

Pour ce qui est du volet Environnement, le président français a été applaudi quand il a déclaré que l’on sera débarrassé du charbon d’ici à 2021 et a invité les pays signataires du Traité de Paris à appliquer des mesures concrètes «dans les mois à venir», en citant la Chine et l’Inde, mais sans jamais citer son homologue américain.