PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Assurances

Choix au détriment du Luxembourg

Lloyd’s à Bruxelles pour «son emplacement central»



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En 2019, une centaine de salariés devrait être transférée du siège social de la City (ici en photo) vers Bruxelles. (Photo: Lloyd's)

Au lendemain de l’annonce de l’implantation d’une filiale du marché d’assurances britannique dans la capitale belge, le groupe a levé le voile sur les raisons qui l’ont poussé à délaisser les autres options envisagées, dont celle d’une implantation au Luxembourg.

«Au vu de la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union européenne, une filiale sera ouverte à Bruxelles», a confirmé jeudi Lloyd’s dans un communiqué, au lendemain du déclenchement de l’article 50 du Traité de Lisbonne par les autorités britanniques. Devant entrer en fonction au 1er janvier 2019, ce nouveau bureau doit permettre officiellement au marché d’assurances de «souscrire des risques provenant de l’ensemble des 27 pays de l’Union européenne et des trois États membres de l’espace économique européen (Norvège, Islande, Liechtenstein, ndlr) suite au départ du Royaume-Uni de l’Union européenne. Nos clients et partenaires continueront ainsi à avoir accès aux solutions novatrices du marché de Lloyd’s.»

Le nombre d’employés de cette nouvelle structure n’a pas été précisé, mais à en croire les éléments recueillis par l’agence britannique Press Association, une centaine de salariés devrait être transférée de la City vers Bruxelles. Ce nombre serait toutefois susceptible de croître une fois la filiale réellement active, selon cette même source. Pour justifier son choix de venir s’implanter dans la capitale belge au détriment de Dublin ou de Luxembourg, le marché d’assurances et de réassurances spécialisées estime que «Bruxelles rassemble les éléments essentiels fournissant un cadre réglementaire solide dans un emplacement central en Europe, et permettra à Lloyd’s de continuer à offrir son expertise de souscription spécialisée à ses clients.»

Un argumentaire salué par le ministre belge des Finances, Johan Van Overtveldt, qui indique dans les colonnes du quotidien belge L’Écho que «les discussions intenses que nous avons menées ces derniers mois (…) démontrent que la position de Bruxelles comme place financière s’améliore, et [que] cela pourrait même créer un appel d’air au niveau des autres assureurs et établissements financiers spécialisés, domaine déjà bien ancré à Bruxelles». De son côté, Luxembourg a d’ores et déjà su séduire la fintech PPRO Group, le fonds d’investissement M&G Investments, mais aussi l’assureur américain AIG, qui a annoncé vouloir renforcer sa présence au Grand-Duché dans le cadre du Brexit.