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Négociations

Les lignes rouges du Parlement européen sur le Brexit



Le Parlement européen refusera tout accord avec le Royaume-Uni s’il ne respecte pas ses lignes rouges. (Photo: Maison moderne / archives)

Le Parlement européen refusera tout accord avec le Royaume-Uni s’il ne respecte pas ses lignes rouges. (Photo: Maison moderne / archives)

Le Parlement européen a souligné ce mercredi soir qu’il aura le dernier mot sur un éventuel accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni.

Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, et le coordinateur des négociations avec le Royaume-Uni pour le Parlement, Guy Verhofstadt, soulignaient mardi soir lors d’une conférence de presse que le Parlement européen devra se prononcer sur un accord sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE et sur un accord concernant la future relation entre l’île et le continent.

Ainsi, ils ont présenté les lignes rouges qui ne devraient pas être franchies. Tout comme la Première ministre britannique, Theresa May, dans sa lettre invoquant l’article 50 du traité de Lisbonne et déclenchant le début du délai de deux ans pour négocier la sortie de l’UE, la conférence des présidents du Parlement européen estime cependant qu’il faut se préoccuper avant tout de l’«intérêt des citoyens» et elle espère des négociations «fair-play».

Les lignes rouges

Le Parlement européen votera la semaine prochaine une résolution proposée par la conférence des présidents. Dans cette dernière, le Parlement européen refuse entre autres, mais avant tout, que le Royaume-Uni démarre des négociations commerciales avec des États membres et des États tiers avant que la sortie de l’UE ne soit effective.

Par ailleurs, le Parlement européen exigera que tant que les négociations ne sont pas terminées, ou que le délai de deux ans n’est pas écoulé, le Royaume-Uni, étant toujours membre de l’UE, bénéficiera durant ce temps des droits européens, mais devra remplir ses obligations.

Antonio Tajani et Guy Verhofstadt ont également estimé que la coopération judiciaire entre le Royaume-Uni et l’UE, et donc la sécurité des citoyens, ne pourraient en aucun cas être remises en question. Ils se sont également prononcés contre une «course fiscale vers le bas».

D’abord la sortie, ensuite l’avenir

On sent la complexité du processus de négociation dans la revendication du Parlement européen. Avant de pouvoir décider d’un accord sur la future relation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, un accord sur la sortie doit être validé. Du point de vue britannique, on peut se demander comment l’on pourrait valider la sortie sans connaître l’avenir.

Guy Verhofstadt a expliqué qu’une période transitoire pourrait être décidée sans dépasser trois ans. Il a d’ailleurs indiqué que généralement, le Parlement serait en faveur d’un accord d’association avec le Royaume-Uni, donc un accord allant plus loin qu’une coopération économique.

Interrogés par plusieurs journalistes, le président du Parlement européen et le négociateur du Parlement ont, pour finir, déclaré que le Royaume-Uni pourrait toujours changer de décision et décider de rester membre de l’UE. Les 27 autres États membres devraient néanmoins aussi marquer leur accord.