PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS

Lexique et promotion

Les fintech érigées en 5e pilier de la Place



pierregramegna_fintech.jpg

Le secteur financier se réinvente et doit le faire savoir, estime Pierre Gramegna. (Photo: Sven Becker/Archives)

Invité de l’Aca jeudi soir, le ministre des Finances a officiellement décrété que les fintech étaient le 5e pilier de la place financière, au terme d’une année qui aura vu leur essor au Luxembourg.

Dans le lexique employé pour décrire la place financière, surtout sur le plan international, l’annonce faite jeudi soir par le ministre des Finances ne devrait pas passer inaperçue. Invité par l’Association des compagnies d’assurances et de réassurances luxembourgeoises (Aca) qui célébrait ses 60 ans, Pierre Gramegna est revenu sur l’évolution du moteur économique du pays: le secteur financier.  

Indiquant que le secteur des assurances jouait toujours un rôle important, le ministre a déclaré que la place financière se compose de cinq piliers:

  • le private banking;
  • les fonds d’investissement;
  • les crédits internationaux;
  • l’assurance (et la réassurance);
  • et les fintech.

«Le pilier fintech a une influence sur la manière dont les autres piliers fonctionnent», a déclaré Pierre Gramegna dans le chapitre de son discours dédié à l’innovation, estimant que si «les compagnies ne prennent pas de risques, elles perdront».

Pour le ministre, l’importance transversale du pilier fintech doit inviter les acteurs, privés et publics, concernés à se rapprocher pour faire en sorte que la place luxembourgeoise ne manque pas ce train – ou plutôt ce TGV -,  décrit quelques minutes plus tôt, qu’est celui de la digitalisation.

L’occasion était donc toute trouvée pour Pierre Gramegna de parler de l’initiative de la Lhoft, la Luxembourg House of Financial Technology, qui doit servir de phare fintech au pays et dont le CEO, Nasir Zubairi, vient d’être nommé mardi. Ainsi que de l’initiative «Infrachain» lancée mercredi par le Premier ministre, dans le contexte des Luxembourg Internet Days.

Une année fintech

L’évolution sémantique annoncée jeudi soir devra forcément se retrouver dans les prochaines missions financières notamment. Elle n’est pas anodine, car elle reflète l’évolution du secteur en peu de temps. En 2014, le ministre avait d’ailleurs précisé que la Place reposait sur quatre piliers et plus cinq, faisant oublier la structuration des investissements internationaux. 

À quelques semaines de la fin de l’année, on peut parler de 2016 comme étant «l’année fintech» de la Place, avec la multiplication des actions visibles (concours, études, conférences...) de la part des différents professionnels, ainsi que des actions en coulisses qui ont vu des start-up et autres sociétés arriver sur la place. 

La première édition des Fintech Awards ou encore des licences de paiement accordées dans l’univers de la blockchain et du bitcoin en sont quelques-unes des illustrations. 

Les fintech, un nouveau pilier? La question était posée lors d’une soirée 10x6 organisée le 21 octobre 2015 par le Paperjam Club. Les témoignages des différents intervenants reflétaient déjà un certain dynamisme entrepreneurial, une capacité d’attraction du Luxembourg tout en ouvrant la discussion sur des défis comme le financement des start-up.

Le Luxembourg est bien placé pour devenir un hub fintech.

Jean-Louis Schiltz, Schiltz & Schiltz