PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS

L’écosystème de l’assurance

«Une spécialisation gagnante»



Marc Hengen (Aca): «La demande pour les produits de niche que les assureurs luxembourgeois offrent restera établie l’an prochain.» (Photo: Maison Moderne)

Marc Hengen (Aca): «La demande pour les produits de niche que les assureurs luxembourgeois offrent restera établie l’an prochain.» (Photo: Maison Moderne)

Le secteur de l’assurance se prépare à ingurgiter les prochaines pièces réglementaires. Pour Marc Hengen de l’Aca, la spécialisation dans le wealth management s’est avérée payante. L'association fédérant les acteurs célèbre jeudi soir ses 60 ans lors du traditionnel Aca Insurance Day. L'occasion d'évoquer un écosystème qui s'étend aussi aux fintech.

Les années 2017 et 2018 seront marquées notamment par la préparation et la mise en œuvre de la directive sur l’intermédiation en assurance ainsi que le règlement sur les documents d’informations-clés relatifs aux produits d’investissement packagés de détail et fondés sur l’assurance, plus connus via l’acronyme Priips. Malgré cette nouvelle vague réglementaire synonyme d’obligations et donc de coûts supplémentaires, les assureurs luxembourgeois entrevoient la fin d’année positivement.

La progression de l’encaissement au 3e trimestre, toutes branches confondues, par rapport à la même période de l’exercice précédent, est venue apporter du baume au cœur du secteur.

«Le réglementaire est en haut de l’agenda, mais avec la situation économique du Luxembourg, plus réjouissante que dans d’autres pays, et la pente de reprise en Europe, je crois que la demande pour les produits de niche que les assureurs luxembourgeois offrent restera établie l’an prochain», déclare Marc Hengen, administrateur délégué de l’Association des compagnies d’assurances et de réassurances (Aca).

Le Luxembourg a développé des produits qui n’existent pas sur d’autres marchés.

Marc Hengen, Aca

Au début de l’année, la fameuse directive Solvency II est entrée en vigueur. «D’après nos informations, la mise en œuvre a été assez bien faite», note Marc Hengen, qui observe aussi la tendance en faveur des produits à taux garantis. La France reste en tête du peloton des pays où les produits luxembourgeois se commercialisent le plus en libre prestation de services (LPS).

«Le Luxembourg s’est forgé une compétence dans la gestion de patrimoine à l’attention d’une clientèle qui a besoin d’être suivie d’un pays à un autre et a développé des produits qui n’existent pas sur d’autres marchés», ajoute Marc Hengen.

Cette spécialisation, la mise en place des modalités en matière d’échange d’information et l’écosystème luxembourgeois laissent penser au responsable de l’Aca que le secteur a encore une marge de progression devant lui. «L’un des éléments du succès est l’existence d’un écosystème de l’assurance et que celui-ci existe en complémentarité avec le plus large écosystème de la Place et son offre de services internationale.»

Les fintech ou la digitalisation sont tout d’abord une question de relation avec le client ou l’intermédiaire.

Marc Hengen, Aca

Une configuration qui a visiblement convaincu certaines enseignes étrangères d’installer une filiale au Luxembourg. Si le réglementaire est en haut de l’agenda, le défi de la digitalisation n’est pas loin. Plusieurs assureurs ont ainsi entrepris le chemin de la réflexion fintech, même si le numérique fait partie du secteur depuis quelques années. Mais il est désormais question du potentiel apport de nouveaux entrants – autrement dit des start-up – sur le marché.

«Les fintech ou la digitalisation sont tout d’abord une question de relation avec le client ou l’intermédiaire. Les clients exigent de plus en plus d’avoir des informations en temps réel, ce qui passe par une digitalisation accrue des informations que l’on peut avoir sur les produits», estime Marc Hengen. «C’est une tendance de fond. La manière dont on l’appréhende dépend de chaque compagnie d’assurances et de son positionnement stratégique et commercial.»

Une tendance qu’on ne peut ralentir. Les assureurs pourront ajouter à leurs objectifs de se rapprocher de la future Luxembourg House of Fintech (Lhoft), dont l’Aca soutient la création.

Insurance Day: 60 ans d’Aca

L’Aca célèbre ses 60 ans le 24 novembre lors du traditionnel Insurance Day qui offre la possibilité d’évoquer les défis du secteur. Le réglementaire tout d’abord, de même que les compétences, les tendances en matière de distribution, sans oublier le rôle de l’humain à l’heure où les robo-advisors pourraient aussi faire leur entrée sur ce marché.