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Mobilité aux frontières

L’enclave belge des CFL rêve d’une extension



La gare d'Athus, fin de ligne belge estampillée CFL. Le tarif luxembourgeois y est apprécié. (Photo: Licence CC)

La gare d'Athus, fin de ligne belge estampillée CFL. Le tarif luxembourgeois y est apprécié. (Photo: Licence CC)

Athus, cité frontalière belge, a une gare estampillée CFL. Le train y est donc plus avantageux. Avec une formule étendue ou un parking adapté, ce serait mieux. Le ministre François Bausch a été invité pour sensibilisation.

François Bausch était à Athus... Nos confrères belges de l’Avenir se font l’écho d’une visite du ministre luxembourgeois, très sollicité ces temps-ci par les élus frontaliers, singulièrement depuis qu’il a annoncé être à l’affût de dossiers d’infrastructures permettant de soulager la mobilité côté grand-ducal.

Récemment à Arlon pour apprécier in situ le projet de pôle de mobilité caressé à Stockem-gare, avec notamment un «park and ride» en filigrane, il a cette fois été invité dans la commune d'Aubange et sensibilisé au cas particulier d’Athus, ville-frontière au cœur d’un triangle franco-belgo-luxembourgeois (Longwy-Rodange-Aubange) très fréquenté, notamment par les navetteurs vers le Grand-Duché.

La gare d’Athus possède la particularité d’être, officiellement, estampillée CFL. Station parfois un peu oubliée par la SNCB, voire délabrée, elle est comme une enclave luxembourgeoise en territoire belge… Ce statut spécial remonte aux temps glorieux des chemins de fer portant la sidérurgie du bassin, et vice versa. Aujourd’hui, cela veut dire, surtout, qu’un voyageur qui prend le train à Athus pour aller à Luxembourg paie son abonnement 50 euros par mois, au tarif luxembourgeois. Le même voyageur qui monte à Aubange, soit à 3km de là (la commune d’Aubange englobe administrativement Athus), paie 75,50 euros par mois, tarif belge oblige.

Un parking tourné vers Rodange

L’exemple a été cité par le bourgmestre faisant fonction d’Aubange, André-Marie Morosini (par ailleurs Athusien et chef d’entreprise transfrontalière). Et il l’a prolongé par une volonté communale de mettre un parking, pour les candidats au train, sur le ban d’Athus.

Car, à l’heure actuelle, la ligne venant de Virton vers Athus avec prolongement en direction de Luxembourg via Pétange compte deux aires de stationnement (50 et 70 places), en son temps favorisées par la commune d’Aubange, à Halanzy et à Aubange-gare. Donc, les navetteurs ont tendance à privilégier Athus ou les gares luxembourgeoises limitrophes.

Alors, les localités de Rodange et Pétange sont surchargées de véhicules, belges et français. Athus dispose bien d’une série d’emplacements autour de sa gare CFL. Mais pas facile, vu sa localisation, d’y loger un vrai P+R. Par contre, au bout de la rue de Rodange… Les autorités locales imaginent un stationnement adéquat, qui ferait ainsi la jonction avec la gare luxembourgeoise de Rodange, à laquelle il offrirait un désengorgement…

Oui, mais pas à tout

Autre possibilité, soufflée dans l’oreille de François Bausch: étendre l’application des tarifs CFL aux gares de Halanzy et d’Aubange. Voire de Messancy, sur la ligne vers Arlon. Et pourquoi pas Arlon alors? Du coup, on voit qu’imposer des limites doit aussi faire partie des priorités…

En gros, c’est ce que dit aussi le ministre luxembourgeois, qui s’est gardé de tout engagement téméraire. Certes très attentif, François Bausch a aussi glissé (toujours selon l’Avenir) que, «en matière ferroviaire, le Grand-Duché est prêt à faire des efforts en direction de la SNCB, mais pas à 100%».

Il a rappelé que, pour les tarifs, il en a déjà discuté avec son homologue belge. «Il est intéressé pour que les pourparlers se fassent vite. Mais il est en affaires courantes. En Belgique, les Régions n’ont pas assez de pouvoir vis-à-vis de la SNCB. C’est un avis personnel bien sûr.»

François Bausch a raison: le dossier n'est, à cet égard, pas tout à fait mûr...