PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Conférence Alfi

Le rôle de l’Esma au centre des premiers débats



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La conférence de l’Alfi sur l’asset management européen s’est ouverte ce matin à Luxexpo The Box. (Photo: Alfi)

Pour la seconde édition de l’European Asset Management Conference, l’Alfi accueille plus de 700 invités. Les débats ont été lancés ce mardi par le Premier ministre, Xavier Bettel, avant des prises de position tranchées sur le rôle du superviseur européen.

Invité à inaugurer les débats de la seconde édition de l’European Asset Management Conference, le Premier ministre, Xavier Bettel, a insisté auprès des professionnels des fonds réunis face à lui sur le succès de la place financière luxembourgeoise.

Une stabilité dans la performance qui, selon lui, exige un travail permanent. «Beaucoup avaient prédit la fin de l’activité financière au Luxembourg avec la disparition du secret bancaire. Or, la Place ne s’est jamais aussi bien portée», explique-t-il.

Au passage, il précise que cela ne s’est pas fait sans mal. «Maintenir notre triple A a demandé des efforts à notre gouvernement. Nous avons pris des mesures qui n’ont pas toujours été très populaires, mais elles étaient nécessaires.»

Maintenir notre triple A a demandé des efforts à notre gouvernement.

Xavier Bettel, Premier ministre

Que la situation soit confortable pour l’industrie des fonds, Denise Voss, présidente de l’Alfi, n’a pu que le confirmer: «Nous venons d’établir un nouveau record à plus de 4.000 milliards d’euros d’actifs sous gestion au Luxembourg, nous nous développons en tant que hub fintech et nous continuons d’accroître les destinations de distribution de nos fonds.»

Elle pointe aussi des opportunités, comme la percée des investissements responsables, dont les actifs ont doublé entre 2010 et 2016, la montée de la classe moyenne dans des pays comme la Chine ou le Brésil, ainsi que le travail qui reste à faire pour convaincre les ménages européens d’investir dans les fonds, notamment pour préparer leur retraite.

Un souci de communication

Mais cette situation relativement sereine n’élude évidemment pas tous les défis. Au cours d’une première table ronde réunissant les responsables des fédérations professionnelles des pays européens qui comptent dans l’industrie des fonds, différents enjeux ont été pointés, comme la réglementation, la technologie et les services à apporter aux clients.

«On parle toujours de produits, mais ce sont des solutions qu’il faut apporter aux clients», a insisté Pierre Bollon, délégué général de l’Association française de gestion financière. «Le produit n’est qu’une part de cette solution.» Pour Chris Cummings, responsable de l’association britannique des fonds, «le plus grand challenge est de s’adresser aux millennials – la jeune génération de professionnels – et de leur faire percevoir les enjeux de préparer leur avenir grâce aux fonds».

Pour le Luxembourg, Camille Thommes, directeur général de l’Alfi, insiste sur l’«agenda réglementaire» et sur l’éducation envers les investisseurs. «Il faut continuer à leur faire prendre conscience des avantages à investir dans des fonds.»

Pourquoi l’Esma?

Les responsables des différentes fédérations ont aussi entamé un débat sur la proposition de la Commission d’accroître les responsabilités de l’Esma, le régulateur européen, au contrôle de la distribution transfrontalière des fonds. Une «bonne idée», selon le régulateur français – précisons que l’Esma est à Paris –, mais qui fait la quasi-unanimité contre elle parmi les représentants des autres pays.

«L’Esma a déjà un rôle central en tant que superviseur, ce ne serait pas dans l’intérêt des investisseurs de devoir compter sur un grand régulateur distant des marchés nationaux», estime Thomas Richter, le représentant de l’industrie allemande des fonds. Encore plus catégorique, Camille Thommes juge que «le modèle de la délégation fonctionne très bien, pourquoi dès lors créer des solutions pour des problèmes qui n’existent pas».