ENTREPRISES & STRATÉGIES — Immobilier

Renouvellement urbain

Le Pulvermühle va pouvoir entamer sa mue



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Le projet laissera la place à de nombreux espaces verts, s'inscrivant dans l'environnement existant. (Photo: Immobel Luxembourg)

Immobel Luxembourg, qui encadre les travaux de reconversion, a reçu le 8 juillet le dernier arrêté ministériel fixant les conditions de remise en état de l'ancien site industriel. Les travaux préparatoires de réhabilitation peuvent démarrer.

La réhabilitation de l’ancien site industriel de Pulvermühle va désormais pouvoir entrer dans sa phase opérationnelle après près de deux ans et demi de concertations. Et ce après que le dernier arrêté ministériel fixant de manière définitive les conditions de remise en état de la friche industrielle est parvenu à Immobel, le 8 juillet dernier. 

Les travaux qui vont débuter se poursuivront durant trois ans. L’aboutissement d’une procédure qui aura nécessité des analyses approfondies du sol, pollué en raison de l’ancienne affectation du site, une fabrique de farine, une manufacture de draps et tricots puis une entreprise de nettoyage à sec.

La réalisation a été confiée aux bureaux BalliniPitt et Assar.

«Le site industriel patrimonial devra donc faire l’objet d’une réhabilitation rigoureuse, comprenant le démantèlement des installations, l’assainissement des sols et la restauration du patrimoine classé dans la perspective de sa nouvelle orientation», le tout pour une enveloppe de 5 millions d’euros à sa  charge, indique Immobel dans un communiqué. La société reprend le flambeau de la réhabilitation depuis l'absorption par Allfin.

«Aucune autorisation de poursuite des travaux ne sera délivrée préalablement à la certification de la conformité du résultat des contrôles environnementaux», indique Olivier Bastin, CEO d’Immobel Luxembourg.

Des procédures rigoureuses à la hauteur de l’ambition du projet: 25.000m2 de logements, 1.600m2 de bureaux ainsi que la réalisation de plus de 8.000m2 d’espaces publics, dont 3.000m2 d’espaces verts.

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Le quartier conserve et développe son identité, son ambiance et son charme uniques.

Lydie Polfer, bourgmestre de la Ville de Luxembourg 

«Le concept urbanistique proposé par l’aménageur rencontre nos priorités environnementales, patrimoniales, paysagères et sociales pour que le quartier conserve et développe son identité, son ambiance et son charme uniques», déclare Lydie Polfer, bourgmestre de la Ville de Luxembourg.

«Il privilégiera ainsi la création de liens naturels entre le site et son quartier, la mise en valeur des paysages et des espaces verts, la restauration des bâtiments classés de manière à préserver le ‘noyau villageois’ caractéristique de ce quartier historique», ajoute-t-elle.

210 logements prévus

Les paysages et espaces verts font partie des éléments importants du projet, de même que la restauration des bâtiments classés pour préserver le caractère villageois.

Cette opération de revalorisation permettra de créer 210 logements. La demande d’autorisation de bâtir ne devrait être déposée qu’au début de l’année prochaine. L’obtention des permis est, elle, attendue pour mi-2017.

Et pour rester en contact avec les habitants, des séances d’information sont organisées. La prochaine est prévue dès la rentrée de septembre. 

Un site en 14 dates

  • 1797: Moulin déclaré propriété nationale.
  • 1840: filature de coton (l’unique du pays) appartenant à J.-P. Kuborn.
  • 1940-1945: spoliation des biens juifs et réquisition de l’usine par les nazis. Production de lingerie fine et de doublures de chaussures.
  • 1950: ouverture de la firme de nettoyage à sec Express appartenant à la famille Scholer (magasins Monopole). Liquidation de la Manufacture de draps et de tricots.
  • 1958: constituée en 1948, Secalt achète les immeubles et terrains de l’ancienne Manufacture de draps et de tricots en liquidation.
  • 1996: Express nettoyage à sec placée en liquidation et cédée en décembre 1998 à Pasta Mano (groupe Corcelli) pour 14,5 millions de francs luxembourgeois qui transforme l’usine en bureaux paysagers.
  • 11 mai 2001: contrat de bail entre Pasta Mano et DS Corporation.
  • 2002: premiers symptômes d’ennuis de santé par les locataires.
  • Juillet 2003: les analyses révèlent la présence de solvants chimiques. L’ITM est alertée.
  • 12 novembre 2003: mise en demeure du ministère de l’Environnement au propriétaire et aux locataires qui dénoncent le bail au 31 janvier 2004.
  • 11 juillet 2013: Pasquale Corcelli condamné en correctionnelle en sa qualité de gérant de Pasta Mano du chef de violation de la législation sur la prévention et la gestion des déchets.
  • 19 juillet 2013: constitution par le groupe Corcelli de Moulin SA, qui devient propriétaire du site.
  • 26 mars 2015: Allfin rachète Moulin.
  • 29 juin 2015: le conseil communal de la Ville de Luxembourg approuve la modification ponctuelle du PAG.

Complément publié le 19 juillet à 16:24: Me Benoît Entringer, conseiller de M. Pasquale Corcelli nous demande de publier des précisions: le terrain ayant appartenu à Pasta Mano ne constitue qu'une infime partie de l'ensemble du site pollué. Par ailleurs, Pasquale Corcelli a été condamné en qualité de simple détenteur de déchêts délaissés par autrui. Ni lui ni aucune société qu'il dirige n'a pollué le terrain.