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Œuvre nationale de secours Grande-Duchesse Charlotte

Le manque à gagner de la Loterie



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Pierre Bley, président de l’Œuvre nationale de secours Grande-Duchesse Charlotte, a présenté le bilan 2017, en baisse par rapport à l’année 2016, qui était exceptionnelle. (Photo: Patricia Pitsch)

Après une année 2016 exceptionnelle où des fonds de réserve ont été débloqués pour l’accueil des demandeurs de protection internationale, l’Œuvre Grande-Duchesse Charlotte est revenue à des budgets plus traditionnels. Même si le manque à gagner de la Loterie, dû à la prolifération de jeux illégaux, devient problématique.

L’Œuvre nationale de secours Grande-Duchesse Charlotte, ainsi que la Loterie nationale, pourvoyeuse de fonds, ont fait le point lundi sur les chiffres de l’année 2017. Au total, une enveloppe de 20.059.512 euros a été attribuée aux missions philanthropiques de l’Œuvre.

Les aides allouées par l’Œuvre ont baissé de 43% par rapport à l’année 2016, qui était exceptionnelle avec un budget de 35 millions d’euros: «Nous avons dû répondre à un élan de solidarité de la population face à la crise migratoire», explique Pierre Bley, président de l’Œuvre. «Nous voulions éviter que le financement soit un frein, c’est pourquoi nous avons même débloqué des réserves cette année-là. Même si tous ces projets ne sont pas finis, l’aide aux réfugiés est maintenant intégrée au sein de nos activités normales.»

De fait, l’année 2018 accuse d’ores et déjà une petite baisse du financement. C’est la Loterie qui est le grand pourvoyeur de fonds de l’Œuvre: elle a engrangé l’année passée 101,5 millions d’euros, une année record.

23,7 millions d'euros pour l'Oeuvre

54% des gains sont redonnés aux vainqueurs, 7% aux points de vente, 15% en frais de gestion, mais cela donne 23% reversés à l’Œuvre, soit 23,7 millions d’euros.

Malgré ces chiffres, la Loterie accuse un manque à gagner, à cause des jeux illégaux qui pullulent dans les cafés: «Aucune licence n’existe au Luxembourg pour les jeux sur internet ou encore les bornes, qui ne sont pas gérés par la Loterie nationale. Pourtant, on estime à quelque 1.200 le nombre de bornes de jeu qui sont complètement illégales», dénonce Léon Losch, directeur de la Loterie nationale. «Elles sont parfois déguisées en station internet, mais c’est bien de jeu dont il s’agit. C’est un manque à gagner pour la Loterie nationale, et donc pour les projets soutenus par l’Œuvre.»

Ce manque à gagner prend de l’ampleur alors que peu de contrôles sont effectués, regrette Léon Losch: «Ce n’est pas notre rôle d’aller contrôler les cafés, mais force est de constater que rien n’est fait ou presque pour arrêter ces jeux illégaux. Certains cafés se sont transformés en salles de jeux clandestines, ce n’est pas en vendant du café qu’ils font leur chiffre. De notre côté, nous pouvons compter sur notre réseau de 450 points de vente.»

130 projets soutenus en 2017

En 2017, 130 projets ont été soutenus par l’Œuvre. De ces 130 projets, 72 sont directement imputables aux initiatives de l’Œuvre.

Il s’agit des appels à projets «Actions Addictions», promouvant l’affranchissement de toute sorte de dépendance, «Jeunes – Respect», encourageant l’engagement sociétal des jeunes, «mateneen», visant à favoriser l’intégration dans la société des nombreux réfugiés ayant récemment élu le Luxembourg comme pays de résidence, «Yes We Care», soutenant l’économie circulaire, le plan national thérapeutique «Sport-Santé», prônant la prévention par le sport, ou encore le fonds «stART-up», contribuant à la professionnalisation et au rayonnement de la pratique artistique de jeunes artistes.

La somme affectée à ces 130 projets s’élève à 4.138.661 euros, correspondant à 21% du total des sommes allouées. S’y ajoutent les fonds alloués aux Offices sociaux communaux (3.556.915 euros) et au Fonds national de solidarité (7.113.830 euros), soit au total 10.670.746 euros.

26% du budget global pour les bénéficiaires récurrents

L’enveloppe annuelle distribuée aux bénéficiaires récurrents s’élève à 5.250.105 euros, soit 26% du budget global en 2017.

Il s’agit des grandes organisations du domaine social et des organisations faîtières des domaines culturel, environnemental et sportif (Croix-Rouge luxembourgeoise, Fondation Caritas Luxembourg, Ligue médico-sociale, Comité olympique et sportif luxembourgeois [COSL], Fonds culturel national (Focuna), natur&ëmwelt Fondation Hëllef fir d’Natur), ainsi que des rentes mensuelles revenant à des bénéficiaires individuels (Fonds de secours des Luxembourgeois à Bruxelles, Fonds permanent – secours aux victimes de la guerre).