POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Pendant les négociations

Le Luxembourg attire pendant que le Brexit patine



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Dominic Raab et Michel Barnier lors de leur rencontre du 31 août dernier. (Photo: Commission Européenne)

Le négociateur en chef pour l’Union européenne, Michel Barnier, ouvre la voie à une prolongation des négociations dans le cadre du Brexit. Pendant ce temps, les milieux d’affaires anticipent l’incertitude, voire les difficultés. Avec un certain penchant pour le Luxembourg.

L’écho des coulisses rapporté de source sûre la semaine dernière par Bloomberg a trouvé une forme d’officialisation. Dans une interview accordée dimanche au Frankfurter Allgemeine Zeitung, Michel Barnier évoque une prolongation des négociations dans le cadre du Brexit. 

Le négociateur en chef parle de la mi-novembre, alors que le délai était fixé jusqu’ici au 18 octobre, date d’un Conseil européen. Cette réunion des chefs d’État et de gouvernement faisait office de date-clé pour entériner des discussions bilatérales entre l’UE et son futur ex-pays membre, le Royaume-Uni.

Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de temps, mais de décisions politiques.

Michel Barnier, négociateur en chef de l’UE

Michel Barnier a rencontré son homologue britannique, Dominic Raab, le 31 août dernier. Les négociations sont en flux continu, mais il suffit de lire le «statement» prononcé au sortir de cette dernière réunion en date pour comprendre les nombreux points qui restent à clarifier, des questions épineuses sur l’Irlande du Nord au traitement des données. Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de temps, mais de décisions politiques, estime Michel Barnier. 

En prévision d’un hard Brexit

Prévue pour fin mars 2019, la sortie de l’UE du Royaume-Uni pourrait se passer in fine sans accord. Un «hard Brexit» que les milieux d’affaires craignent et dont ils voudraient limiter l’impact sur la continuité de leurs opérations. Les derniers mois ont été l’occasion de se préparer à cette éventualité pour les acteurs du secteur financier londonien.

Les annonces de création ou de renforcement de structures sur le sol européen se sont succédé et le Luxembourg est apparu en tête des localisations en termes de nombre d’entités, avec un point fort sur le secteur des assurances. «L’année dernière était une grande année pour la planification du Brexit, mais la plupart des implémentations ont concrètement commencé en 2018», déclare Nicolas Mackel, CEO de Luxembourg for Finance, au Financial Times.

Effets concrets

Le quotidien britannique revient à nouveau sur l’attractivité que représente le Luxembourg dans ce contexte, alors que les asset managers veulent garder un pied dans le marché unique européen.

Le Financial Times voit même un lien entre l’augmentation de 10% des employés dans l’asset management au Luxembourg en 2017 – d’après le rapport annuel de la CSSF – et les plans de développement des acteurs britanniques ou basés dans la City.

En juin dernier, le FT avait mentionné Luxembourg et Dublin comme deux centres plébiscités par les gestionnaires d’actifs. FM Global, T. Rowe Price, Henderson Global, Columbia ou encore M&G ont annoncé leurs intentions depuis plusieurs semaines. 

Des arrivées qui ne sont toutefois pas synonymes de vagues de collaborateurs en provenance de Londres, chacun rééquilibrant ses forces plutôt que de les déménager en masse. Pas de quoi inquiéter jusqu’ici le marché immobilier.