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Pot de nouvel an

Le CSV met le cap sur les législatives



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Dans son discours, le président du CSV Marc Spautz a notamment souligné que son parti irait chercher à soutenir les PME nationales plutôt que d’aller courir après les grands groupes internationaux. (Photo: CSV / archives)

C’est dans la salle surchauffée du centre sportif de Niederanven, une commune fief du CSV, que le parti de l’opposition a étayé jeudi soir son programme de bataille pour remporter la partie aux prochaines élections législatives.

Il était bien difficile de se frayer un chemin jeudi soir à Niederanven. Les militants CSV étaient venus en force pour soutenir leur parti en cette année électorale. «2018 sera l’année du changement», a lancé Laurent Zeimet, secrétaire général, galvanisé par les bons résultats du parti obtenus aux dernières élections communales du 8 octobre dernier.

Après quatre années passées dans l’opposition, le CSV est apparu plus uni que jamais avec le triptyque Marc Spautz (président), Laurent Zeimet et Claude Wiseler, annoncé d’emblée comme futur Premier ministre en cas de victoire.

Alors que les listes de candidats avaient été annoncées dès le début de soirée jeudi par RTL, Marc Spautz a préféré en plaisanter: «Dès que nous aurons les listes provisoires, nous ne manquerons pas de les publier sur le site de RTL», alors que ces dernières ne seront officiellement clôturées que le 24 mars lors d’un congrès de parti. Si personne ne voulait jeudi soir infirmer ou confirmer les informations de RTL, Laurent Zeimet a quant à lui laissé entendre que nos confrères étaient «bien renseignés», sans donner plus de détails.

Je vais me présenter, c’est une certitude, mais je ne sais pas encore où. C’est au parti de décider.

Viviane Reding, députée européenne

Un poids lourd du parti manque à l’appel dans les listes évoquées puisque Viviane Reding n’a pour l’instant pas de circonscription donnée. La députée européenne, très populaire au sein de l’électorat luxembourgeois, s’est dit «prête à servir le parti». Cette dernière peut, comme le permet la loi pour les législatives, aussi bien se présenter dans le Sud que le Centre: «Je vais me présenter, c’est une certitude, mais je ne sais pas encore où. C’est au parti de décider.»

La soirée était placée sous le signe de la cohésion. Pas question de se chamailler sur les circonscriptions ou encore sur l’ennemi à battre lors des élections. Seul grand parti d’opposition face à une coalition à trois, le CSV a le devoir de gagner en octobre prochain selon ses cadres. Pour la coalition, on verra après, même si Marc Spautz ne manque pas de rappeler que le slogan du LSAP aux dernières élections était «Nous c’est le changement», alors que le parti était déjà au pouvoir: «On nous reproche ceci ou cela, mais on a tendance à oublier que nous avions un partenaire de coalition. Seulement 16 logements construits en 2016 par le Fonds du logement, ce n’est pas tenable», estime le président du CSV.

Nous préférons laisser aux familles faire le choix qui leur convient le mieux.

Marc Spautz, président du CSV

Le logement fait partie des grandes thématiques du programme à venir, mais également la politique familiale, qui doit être revue selon Marc Spautz: «Il faut laisser le choix aux familles. La coalition n’a travaillé que sur une seule option, celle des deux conjoints qui travaillent, nous préférons laisser aux familles faire le choix qui leur convient le mieux. Quant aux allocations familiales, nous ne sommes pas d’accord, car l’arrivée d’un troisième enfant bouleverse une famille, il est normal que les allocations soient adaptées.»

Pour Claude Wiseler, la croissance n’est pas une solution à tout: «Le programme de la coalition prône la croissance à tout prix. Baser notre économie sur toujours plus de monde, ce n’est pas gérable. Il faudrait que l’on puisse suivre en matière de cohérence des infrastructures.»

Soutien des PME nationales

Autre tacle jeudi soir à la coalition Gambia, Marc Spautz a évoqué dans son discours que le CSV allait chercher à soutenir les PME nationales plutôt que d’aller courir après les grands groupes internationaux.

Une allusion à peine déguisée à l’annonce du gouvernement de la venue de Google au Luxembourg. Pour Claude Wiseler, rien n’est encore joué dans ce projet qui reste bien opaque: «Je voudrais bien voir le dossier, car nous ne savons rien sur les réelles intentions de Google.»

Si les thématiques restaient jeudi soir générales, le CSV a bien lancé son année électorale en galvanisant ses troupes. Claude Wiseler voit ces prochaines semaines comme une formidable opportunité pour le parti de se réinventer: «Nous avons passé quatre ans à l’opposition, je ne vais pas dire que j’ai tant aimé ça, car sinon on va me dire d’y rester! Mais cela nous a mis dans une nouvelle position où nous avons pu prendre du recul pour mûrir de nouvelles propositions. Nous sommes en train de travailler sur le programme, notamment avec la base des militants. C’est vraiment intéressant d’y travailler ensemble.»