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Ça pétille

Le champagne se porte bien au pays du crémant



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Les Luxembourgeois plébiscitent les champagnes haut de gamme. (Photo: paperJam / Archives)

Avec presque une bouteille par an et par habitant, le Luxembourg est le premier marché d’exportation de champagne par habitant.

Le vignoble de Champagne est un nain géographique – 4% du vignoble français, 0,4% du vignoble mondial en surface –, mais reste une valeur sûre puisqu’il représente 36% des ventes des vins effervescents dans le monde. 

L’équivalent de 295 millions de bouteilles a été récolté en 2017, ce qui est toujours en dessous des expéditions, qui s’élèvent à 307 millions de bouteilles. Un appel à la réserve sera donc nécessaire. «Il y a 1.393 millions de bouteilles en réserve, mais à terme, les faibles récoltes pourraient poser problème», indique Thibaut Le Mailloux, président du Comité Champagne.

Les exportations tirent le marché

Le marché est de plus en plus tiré par les exportations (+6,6%), puisque pour la première fois en 2017, celles-ci ont dépassé la vente intérieure française. Au sein des exports, l’Europe est en train de se faire distancer par les États-Unis, l’Asie ou l’Australie.

En 2017, les expéditions de champagne vers le Luxembourg ont connu une progression en valeur de 0,8%, pour une baisse en volume de 3,3% avec exactement 558.238 bouteilles expédiées vers le Grand-Duché. «Ces chiffres ne tiennent pas compte des achats directs que les Luxembourgeois viennent faire en Champagne, et on sait qu’ils sont nombreux», précise Grégoire Van Den Ostende, directeur du bureau Benelux du Comité interprofessionnel du vin de Champagne.

Avec 0,92 bouteille par habitant, le Luxembourg reste donc officiellement le premier marché à l’export par tête d’habitant. On note, au Luxembourg comme ailleurs, une progression des champagnes à plus forte valeur ajoutée. «C’est particulièrement notable dans les pays qui sont eux-mêmes producteurs de vins effervescents, comme le Luxembourg», note Thibaut Le Mailloux.

Car si les expéditions ont baissé – on était à 650.000 bouteilles en 2015 –, les rosés (6,9%), les cuvées spéciales (2,9%), le demi-sec (1,8%) et les millésimés (1,8%) prennent une place de plus en plus importante. Ainsi, les bruts non millésimés représentent plus de 86% du marché luxembourgeois, alors qu’ils comptent pour 92% en Belgique.

En comparaison, on notera que le Luxembourg produit environ 3 millions de bouteilles de mousseux et crémant, dont il exporte quelque 930.000 bouteilles. Il reste donc une consommation locale théorique d’environ trois bouteilles par an par habitant.

2018, l’année de tous les superlatifs

Dans le vignoble champenois, l’année 2018 a été, comme au Luxembourg, exceptionnelle. «Précocité, qualité, quantité: les vendanges qui s’achèvent en Champagne sont résolument hors normes. Les grappes étaient nombreuses, dans un état sanitaire parfait, avec des richesses en sucre et aromatiques bien au-dessus de la moyenne», se réjouit le Comité Champagne, pour qui «la qualité des moûts est d’excellent augure pour les futures cuvées. Les dégustations de l’hiver et du printemps prochains confirmeront les espérances d’un millésime exceptionnel.»

Le rendement commercialisable de 10.800kg/ha sera atteint dans tous les secteurs et une confortable réserve interprofessionnelle va pouvoir être constituée pour faire face aux «éventuels aléas climatiques des prochaines années». C’est également pour pallier les changements climatiques et répondre aux enjeux écologiques que de nombreuses recherches sont effectuées pour faire évoluer les cépages pour plus de résistance aux champignons et moisissures.