POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Jean-Claude Juncker

«Le Brexit coûtera 60 milliards au Royaume-Uni»



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Jean-Claude Juncker en appelle plus que jamais à l’unité des Européens. (Photo: Commission Européenne)

Alors que les 60 ans de l’Union européenne étaient célébrés, Jean-Claude Juncker a livré des interviews à la BBC et au Financial Times, avec le Brexit en toile de fond.

S’il ne se représente pas à sa propre succession, Jean-Claude Juncker va-t-il mener deux dernières batailles politiques à l’échelle européenne - la négociation du Brexit et la relance d’un projet européen en manque d’inspiration?

Ce deuxième objectif a fait l’objet d’une signature solennelle samedi à Rome lors de la célébration officielle des 60 ans du Traité de Rome. Peu familier de la langue de bois, le président de la Commission européenne s’est livré ces derniers jours à l’exercice de l’interview avec deux médias anglais, et non des moindres: la BBC et le Financial Times.

Dans son entretien de deux heures passées à déjeuner avec le journaliste Lionel Barber du FT, Jean-Claude Juncker en appelle à l’union des Européens dans un monde globalisé: «Nous perdons du poids économiquement et sur le plan démographique, même si nous pensons que nous sommes toujours les maîtres du monde. À la fin de ce siècle, nous serons 4% d’Européens sur un total de 10 milliards d’hommes. Ce n’est pas le moment de se diviser. Nous devons rester unis.»

Partageant un état d’esprit «fair mais pas naïf» à la BBC pour négocier le Brexit, Jean-Claude Juncker n’a pas caché qu’il souhaitait, d’une manière ou d’une autre, que la Grande-Bretagne soit toujours un partenaire de l’UE. 

Quant à la facture du Brexit pour le Royaume-Uni, le président de la Commission européenne l’évalue à 60 milliards d’euros.

Il estime aussi que la sortie du partenaire anglais modifiera les rapports transatlantiques, car l’Allemagne ne pourra pas remplacer le Royaume-Uni dans le dialogue avec Washington. Jean-Claude Juncker a d’ailleurs indiqué au FT qu’il avait mis en garde le vice-président américain Mike Pence contre toute tentative de motiver les pays de l’Est à sortir de l’UE, «sinon vous aurez une autre guerre dans les Balkans».