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Perspectives européennes

Juncker ne veut pas rempiler à Bruxelles



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Jean-Claude Juncker est âgé de 62 ans. (Photo: Commission européenne/Services audiovisuels)

Le président de la Commission européenne a indiqué à la radio allemande qu’il ne souhaitait pas se présenter à sa propre succession. Un entretien durant lequel il appelle les européens à «resserrer les rangs».

Jean-Claude Juncker a déjà choisi l’orientation de son agenda à l’horizon 2019, lorsque son mandat de président de la Commission européenne viendra à échéance. Dans un entretien qui sera diffusé dimanche sur la radio allemande Deutschlandfunk et dont la teneur a été publiée ce samedi, Jean-Claude Juncker fait part de son souhait de ne pas briguer un second mandat. 

«Ce fut une belle campagne électorale. Mais il n’y en aura pas de seconde, car je ne me porterai pas candidat une seconde fois», a-t-il déclaré alors que son mandat est renouvelable une fois.

En poste depuis le 1er novembre 2014, Jean-Claude Juncker avait dû recevoir l’aval du Parlement européen pour entrer au Berlaymont à Bruxelles. Une première pour un président de la Commission en raison du traité de Lisbonne. Quelques mois plus tôt, en juin, les chefs d’État et de gouvernement avaient ouvert la voie à l’apogée de son destin européen en se mettant d’accord sur le nom de l’ancien Premier ministre luxembourgeois et ancien président de l’Eurogroupe pour succéder à José Manuel Barroso. 

Une entrée à Bruxelles qui faisait suite à un règne de 18 ans à la tête du gouvernement luxembourgeois, règne qui s’est terminé sur une démission en juillet 2013, au lendemain d’une séance marathon à la Chambre sur fond «d’affaire Srel», le service secret luxembourgeois.

Des doutes sur l’unité des 27

Cet entretien livré à la radio allemande était aussi l’occasion pour Jean-Claude Juncker de partager son point de vue sur l’état de l’Union européenne, dans un contexte post-Trump, pré-électoral dans différents pays et en attendant le Brexit. 

«Concernant Trump et le Brexit, tout le monde dit: ‘C’est une grande chance pour l'Europe’. L’heure est venue de serrer les rangs et de marcher d'un même pas», a indiqué le président de la Commission. «Je souhaite que cela soit le cas, mais est-ce que c’est ce qui va se passer? J’ai des doutes. Parce que les Britanniques peuvent diviser sans trop d'efforts les 27 autres États membres.»

Et d’ajouter que «les 27 autres pays de l’UE ne le savent pas encore, mais les Britanniques savent parfaitement comment ils doivent s’y prendre (...). Ils peuvent promettre une chose à un pays A, une autre chose à un pays B et encore une autre à un pays C dans le but qu'il n’y ait pas de front uni européen.» 

Alors que Jean-Claude Juncker doit recevoir le week-end prochain à Bruxelles le nouveau vice-président américain Mike Pence, il estime d’une certaine manière que l’idée pour Donald Trump de conduire une politique protectionniste peut constituer des opportunités de nouvelles alliances commerciales pour l’Europe. Pourvu que l’approche soit «win-win.»