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Législatives 2018

Le best of en vidéo de la Grande Table Ronde Élections



Réunis mercredi soir au Kinneksbond de Mamer, les représentants des six partis siégeant à la Chambre ont détaillé pendant 90 minutes – et dans la langue de Molière – leur programme pour l’avenir du Luxembourg, dans la perspective des élections législatives du 14 octobre. Extraits en vidéo des meilleurs échanges.

Devant 450 personnes réunies au Kinneksbond de Mamer, François Bausch (Déi Gréng), Pierre Gramegna (DP), Fernand Kartheiser (ADR), Étienne Schneider (LSAP), David Wagner (Déi Lénk) et Claude Wiseler (CSV) ont débattu mercredi des principaux thèmes relatifs à l’avenir du pays.

De la croissance à la question de la culture luxembourgeoise, en passant par la mobilité ou la fiscalité. Retour sur les phrases les plus marquantes du «seul débat en français de la campagne», selon les mots du représentant de l’ADR, organisé par Paperjam et Maison Moderne.

  • Quelle coalition pour le prochain gouvernement?

Claude Wiseler: «Une coalition est possible avec les trois partis actuellement au gouvernement, moins avec Déi Lénk et l’ADR, car ces deux partis présentent des points non compatibles avec les valeurs du parti chrétien-social.»

François Bausch: «Je suis persuadé que 2013 a marqué une rupture fondamentale dans notre système politique. Plus aucun parti ne peut désormais être sûr d’être au gouvernement. Avant, nous avions un scénario assez fatigant. Cette fois-ci, tout est très ouvert.»

  • Quelle croissance à l’avenir pour le Luxembourg?

Fernand Kartheiser: «Nous sommes dans une situation de croissance forcée. Là est tout le problème, car nos assurances pension fonctionnent selon un système dans lequel nous avons besoin de 2,1 actifs pour financer un retraité. Tant que nous avons cet effet, nous devons croître, et donc nous perdons notre liberté d’action.»

Étienne Schneider: «Je trouve bizarre le nombre de personnes qui veulent limiter la croissance. Nous serions le seul pays au monde à vouloir être moins riche à l’avenir.»

  • «En Marche!», «merde, alors» et l’identité luxembourgeoise:

  • Quelle solution pour le logement?

Étienne Schneider: «L’expropriation en vertu du principe d’utilité publique existe. Nous pourrions la pratiquer pour le logement aussi. En dernier recours.»

Fernand Kartheiser: «Le droit de propriété a été reconnu comme un droit fondamental, raison pour laquelle la notion d’utilité publique doit se justifier. (…) En tant que parti conservateur, je ne suis pas favorable à la création de tours qui viendraient changer le visage de nos localités.»

  • Que faire pour améliorer la mobilité?

Claude Wiseler: «La gratuité des transports publics est un gadget électoral. Notre principal problème tient dans nos capacités de transport aux heures de pointe. La priorité doit donc se porter sur les investissements de mobilité et d’infrastructure.»

François Bausch: «Cette gratuité est effectivement un faux débat. (…) Si des milliers de personnes venaient effectivement s’ajouter au flux actuel, ils seraient comme en Inde sur le toit des trains.»

  • Quel(s) modèle(s) pour la fiscalité?

Étienne Schneider: «Je suis étonné de la position du CSV, qui demande la baisse des impôts des sociétés de 400 à 500 millions d’euros sans demander une baisse de la taxation des personnes physiques. D’autant plus que cette demande des entreprises n’existe pas. Si le CSV réussit tout ça, même moi je voterai pour lui…»

Fernand Kartheiser: «Nous sommes inquiets du déséquilibre budgétaire de l’État central. Nous sommes moins endettés que d’autres pays, mais cela est tout de même trop haut. Nous voulons donc laisser un pays sans dette pour pouvoir retrouver notre liberté.»

  • Une réforme des retraites?

Claude Wiseler: «Il faut faire la réforme des pensions maintenant. (…) Nous disposons actuellement de 17 milliards de réserve. C’est donc maintenant le moment de réformer notre système.»

Pierre Gramegna: «Les retraites sont garanties jusqu’en 2041. Il n’y a aucun intérêt à créer des craintes sur ce sujet. Nous avons de la croissance, et nos finances sont en bonne santé.»

  • Vers quelle société souhaitez-vous aller?

Fernand Kartheiser: «Nous ne voulons pas de société parallèle. Les étrangers sont les bienvenus au Luxembourg, mais nous souhaitons les intégrer via la langue pour que nous parlions tous la même langue, le luxembourgeois.»

François Bausch: «Tout le monde défend la culture luxembourgeoise, et c’est très bien, mais la langue doit être un instrument d’inclusion et non d’exclusion. Je me battrai donc pour que ma patrie reste ouverte vers l’extérieur.»

Revoir le débat dans son intégralité en vidéo