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Benoît Holzem (Stëftung Hëllef Doheem)

«L’assurance-dépendance a connu une success-story»



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«Aujourd’hui, ce que souhaite la majorité des résidents, c’est de pouvoir rester le plus longtemps possible à domicile, qu’il s’agisse de personnes âgées, de malades chroniques, de personnes handicapées, ou de victimes d’accident», explique Benoît Holzem. (Photo : Matic Zorman)

Directeur général de la Stëftung Hëllef Doheem, qui emploie 1.940 personnes, Benoît Holzem poursuit notre série d’entretiens sur les plus grands employeurs du pays.

Quel regard portez-vous sur l’année 2018 qui vient de s’écouler au sein de la Stëftung Hëllef Doheem?

Benoît Holzem. – «D’un point de vue général, la Stëftung Hëllef Doheem se porte bien puisque nous pouvons nous targuer d’avoir un taux de satisfaction de nos clients de plus de 98%, c’est une grande reconnaissance. Nous avons en moyenne 19.000 clients par an, un chiffre qui est en légère hausse. 2018 a été pour nous l’année de l’implémentation de la réforme de l’assurance-dépendance (entrée en vigueur le 1er janvier 2018, ndlr), et ce dans un délai très court. Nous avons dû ajuster tous les logiciels de facturation, former nos équipes, et au final, nous sommes contents d’avoir clôturé cette année. Nous restons vigilants afin que nos clients ne soient pas privés de leurs droits. 

Une réforme de l’assurance-dépendance qui a été révisée cet été...

«Une mesure était particulièrement contestée: celle des ‘courses-sorties’. Cette aide n’apparaissait plus dans le texte de la réforme, or c’est un service très important. Le ministère de la Sécurité sociale a finalement réintroduit les courses-sorties par voie légale et c’est une bonne chose. Aujourd’hui, ce que souhaite la majorité des résidents, c’est de pouvoir rester le plus longtemps possible à domicile, qu’il s’agisse de personnes âgées, de malades chroniques, de personnes handicapées, ou de victimes d’accident. Et au final, l’assurance-dépendance a connu une véritable ‘success-story’ depuis son introduction en 1999.

Vous êtes notamment présents dans les aides à domicile.

«Cela représente 75% de notre activité. Il s’agit à la fois de soins à domicile, de services de ménage, de gardes, etc. Nous souhaitons optimiser les tournées de nos salariés (qui sont des femmes à près de 90%, ndlr), afin qu’ils puissent consacrer un maximum de temps aux clients. Nous avons commencé à mettre en place des groupes de travail cette année dans notre prise en charge, afin d’éviter que nos clients ne voient trop de soignants différents tous les mois. 

Vous possédez également 10 foyers de jour...

«Ils sont répartis à travers le pays, et nous avons au total 22 antennes sur tout le Luxembourg. Les centres de jour sont à destination des personnes dépendantes, nous y garantissons une prise en charge thérapeutique. Ces foyers permettent de décharger les aidants, qui sont souvent les conjoints, de les soulager. Nos foyers s’adressent aussi aux personnes âgées qui sont seules chez elles, et peuvent ainsi sortir de l’isolement durant la journée. 

Quels sont vos projets pour l’année 2019?

«Nous allons continuer à travailler sur la transposition de la réforme de l’assurance-dépendance. Et le pacte de coalition prévoit une nouvelle réforme pour notre secteur, cette fois sur le volet de l’agrément, qui va nous occuper cette année.

Nous collaborons également sur des projets pilotes en matière d’hospitalisation à domicile. On parle de plus en plus du virage ambulatoire. Au sein de notre institution, nous réalisons déjà des soins palliatifs à domicile depuis 2001, l’idée serait de généraliser cette hospitalisation à d’autres types de soins.

Nous sommes également sur plusieurs projets, en télésoins, dans la formation des familles, sans oublier que nous fêterons aussi les 20 ans de la Stëftung Hëllef Doheem avec plusieurs événements qui jalonneront cette année 2019. 

Quel est votre sentiment sur le nouveau gouvernement du pays?

«Dans nos différentes activités, nous dépendons à la fois du ministère de la Sécurité sociale et du ministre de la Famille, deux ministères qui conservent les mêmes ministres, donc je me réjouis de pouvoir travailler dans la continuité des projets engagés.»