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Secteur spatial

Lancement d’un nouveau satellite en «triple win»



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Le Luxembourg pose ses jalons dans le secteur spatial militaire. Ici, à Diekirch, où de nouvelles installations avaient été inaugurées en 2015. (Photo: Sven Becker / Archives)

Les députés ont donné cette semaine leur feu vert au lancement d’un satellite d’observation de la Terre qui répond aux engagements du pays à l’égard de l’Otan. L’investissement est aussi vu par le gouvernement comme un avantage commercial dans le cadre de la poursuite de la diversification économique.

GovSat sera doté à court terme d’un second satellite dans sa flotte naissante. En adoptant mardi à une large majorité (seuls les deux députés Déi Lénk ont voté contre) le projet de loi 7264, les députés ont mis un nouveau satellite d’observation de la Terre ainsi que ses équipements au sol sur une rampe de lancement. 

Une fois le contrat signé avec un industriel, il faudra compter quatre ans avant la mise en place de l’ensemble baptisé «Naos»: National Advanced Optical System. Le satellite évoluera à quelques centaines de kilomètres de la surface terrestre, afin d’obtenir des images en haute résolution.

Contribuer aux efforts de l’Otan

«Ce satellite offre une capacité qui manquait à l’Otan et à la politique de défense européenne», déclare à Paperjam Étienne Schneider, ministre de l’Économie et de la Sécurité intérieure. 

En 2014, les pays membres de l’Otan s’étaient accordés sur l’objectif – à moyen terme – d’un effort budgétaire équivalent à 2% de leur PIB. Le Luxembourg avait donné un signal, pour rattraper son retard, en s’engageant à passer de 0,4% à 0,6% d’ici 2020.

«Il importe de spécifier d’emblée que le projet (…) est destiné à des fins d’observation de la Terre dans des zones d’opérations ou d’intérêt de défense, et non pas à de l’espionnage», précise le projet de loi.

Une fois opérationnel, le nouveau satellite sera géré par la société GovSat créée en 2015 par l’État et SES pour opérer des satellites à des fins militaires. GovSat-1 a ainsi été lancé le 30 janvier dernier en Floride avec la fusée Falcon 9 de SpaceX. 

Il est entré en fonction le 19 mars et, selon le ministre Schneider, «avec un peu de chance, le premier GovSat sera entièrement commercialisé sous peu». Le montant prévu pour Naos est de 170 millions d’euros maximum (hors TVA), sur une période de 14 ans, le tout financé par le Fonds d’équipement militaire.

Win-win-win

Mais le gouvernement entend bien capitaliser sur cet outil. «Le satellite sera également utile pour commercialiser les images reçues, c’est un projet ‘win-win-win’ à nouveau», ajoute Étienne Schneider.

À la croisée des missions d’imagerie de l’armée et de la reconnaissance à l’international du Grand-Duché dans le spatial et l’ICT, le gouvernement veut poursuivre la stratégie de diversification économique via ce genre d’investissement.

«Un mécanisme dont le but serait de commercialiser une partie des données et images produites par Naos permettrait non seulement un retour sur investissement, mais conférerait également un avantage compétitif aux entités privées luxembourgeoises actives dans le domaine des services basés sur des données d’observation de la Terre», ajoute encore le projet de loi.

Étienne Schneider avait déjà expliqué cette stratégie en 2015 à l’occasion du lancement de la station d’ancrage satellitaire à Diekirch, en imaginant à l’époque investir les profits des GovSat dans un projet d’hôpital militaire ouvert au public et spécialisé dans les biotechnologies.