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Recommandations avant les élections

L’Alfi veut rediscuter de la taxe d’abonnement



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Denise Voss: «C’est quand il fait beau qu’il faut placer le toit sur la maison.» (Photo: Anthony Dehez/archives)

L’Alfi a fait part de ses préoccupations concernant l’industrie des fonds d’investissement aux futurs dirigeants. Elle aimerait notamment une réforme de la taxe d’abonnement qui assure un milliard d’euros de rentrées à l’État.

En tant qu’acteur incontournable de la place financière et, plus généralement, de l’économie luxembourgeoise, l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (Alfi) a des revendications à faire valoir vis-à-vis du futur gouvernement.

Parmi ses points essentiels, l’association vise la taxe d’abonnement qui fixe l’impôt des fonds d’investissement. Établie à 0,05% des actifs sous gestion, elle rapporte un peu moins d’un milliard (971 millions d’euros) aux finances de l’État.

«Lors de sa mise en place, il y a une trentaine d’années, elle visait avant tout la simplicité et elle a bien fonctionné», commente Freddy Brausch, vice-président Affaires nationales de l’association. Mais aujourd’hui, l’Alfi aimerait pouvoir discuter d’une réforme du système.

Cette taxe devient pénalisante par rapport aux places étrangères.

Freddy Brausch, vice-président Affaires nationales de l’Alfi

«Les acteurs du secteur sont confrontés à une pression sur les coûts et pour certains fonds, notamment les fonds de gestion passive, cette taxe devient pénalisante par rapport aux places étrangères.»

Ce n’est pas que le secteur va mal... Les chiffres de ce côté sont plutôt rassurants. L’industrie luxembourgeoise des fonds gère désormais plus de 4.000 milliards d’euros d’actifs et reste le numéro un en Europe avec 26% des actifs sous gestion sur le Vieux Continent. «Mais c’est quand il fait beau qu’il faut placer le toit sur la maison», insiste Denise Voss, présidente de l’association. 

L’Alfi se fait pressante aussi auprès des décideurs politiques pour qu’ils transposent en droit national les textes des directives européennes qui les concernent, afin de pouvoir bénéficier d’un environnement juridique stable.

Favoriser les fonds durables

Après la conférence de Paris sur le climat en décembre 2015, le monde de la finance a compris le rôle qu’il avait à jouer pour financer des projets permettant de lutter contre le changement climatique. «Le Luxembourg a joué un rôle de précurseur dans la finance durable», rappelle Anouk Agnes, directrice générale adjointe de l’association.

Elle note que le secteur est en pleine croissance et que les actifs sous gestion dans des fonds durables ont doublé entre 2010 et 2016 pour atteindre environ 500 millions d’euros. Mais l’Alfi demande cette fois aux décideurs que tout soit mis en œuvre pour favoriser le développement des fonds responsables, surtout des fonds qui s’inscrivent dans la lutte contre le changement climatique.

Enfin, parmi la liste de recommandations aux futurs dirigeants, l’association insiste sur la mise en place d’un véritable programme d’éducation financière, notamment à destination des jeunes via l’enseignement.