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Exploitation de la gare souterraine

La piste d’un data center au Findel reste «d’actualité»



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La gare fantôme du Findel, créée en 2003 pour 35 millions d’euros, doit accueillir dans son premier niveau des commerces, dont les travaux débuteront «au cours de l’année prochaine». (Photo: Sven Becker / Archives)

Évoquée en juin 2016, l’idée d’exploiter les 12.000 à 15.000m2 du second niveau de la gare souterraine créée en 2003 à proximité du Terminal A apparaît une fois encore comme la solution privilégiée par le gouvernement. Malgré la défiance des spécialistes.

François Bausch persiste et signe. Dans une réponse parlementaire publiée mardi, le ministre du Développement durable et des Infrastructures (Déi Gréng) assure que «l’option de l’implantation d’un data center dans les locaux prévus initialement pour la gare de l’aéroport de Luxembourg est toujours d’actualité». Et ce dernier de préciser, dans un texte lapidaire, que «Lux-Airport continue de mener des pourparlers avec des clients potentiels», sans toutefois apporter le nombre ou le type de sociétés ou institutions ciblées.

Au printemps 2017, la candidature du Findel avait été rejetée par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, alors basé à Londres. Sur les sept dossiers étudiés, le site luxembourgeois ne se classait pas sur le podium, selon les informations publiées à l’époque. Les serveurs dédiés à la recherche et l’élaboration de prévisions météorologiques ont finalement pris place au sein du technopôle de Bologne.

Située sous la chaussée devant l’entrée du terminal A, la gare souterraine s’étale sur deux niveaux. (Photo: Sven Becker/archives)(Photo: Sven Becker/archives)Les 12.000 à 15.000 m2 du second niveau devraient être utilisés pour accueillir un data center. (Photo: Sven Becker/archives)(Photo: Sven Becker/archives)(Photo: Sven Becker/archives)

Pour mémoire, le choix d’implanter un data center au sein de la gare ferroviaire souterraine jamais achevée remonte à l’été 2016, l’idée étant d’exploiter au maximum les surfaces disponibles. Pour le gouvernement, l’utilisation des 12.000 à 15.000m2 du second niveau souterrain doit non seulement «répondre à une forte demande du secteur», mais aussi aboutir à une offre plus compétitive en lien direct avec des coûts de refroidissement et de sécurité plus réduits via une implantation à la fois souterraine et dans une zone aéroportuaire. 

Une solution que remettaient toutefois en cause les acteurs luxembourgeois des data centers, ces derniers y voyant plutôt «un non-sens» puisque prenant place «dans un endroit à risque que représente un aéroport». Aucune opposition n’avait en revanche été relevée quant à l’idée d’implanter, sur les 2.000 à 3.000m2 du premier niveau souterrain de la gare fantôme, des commerces.

Travaux en plusieurs phases sur une période prolongée.

François Bausch, ministre du Développement durable et des Infrastructures

De nouvelles échoppes entre la gare souterraine et l’accès aux parkings devraient donc voir le jour d’ici 2020, puisque les travaux débuteront «au cours de l’année prochaine», indique François Bausch. Idem en ce qui concerne «des immeubles prioritaires destinés à servir de bureaux et de parkings», puisque cette installation «fait partie de la première phase du projet Airport City».

Le reste du projet, à savoir la création d’un business center comprenant un hôtel «de haut standing», un bar avec vue sur la capitale et un centre de fitness, la mise en place d’un parking tout en hauteur équipé de places «XXL» destinées au stationnement de véhicules à grand gabarit type SUV ou l’ajout d’une nouvelle bretelle d’autoroute, doit sortir de terre «en plusieurs phases sur une période prolongée», selon les données livrées mardi par l’actuel locataire du ministère de la place de l’Europe.

Aucune indication du montant des investissements consentis n’a été donnée. En juin 2016, François Bausch et Johan Vanneste, alors CEO de Lux-Airport, évoquaient une enveloppe globale comprise «entre 150 et 200 millions d’euros», financée par la société gestionnaire de l’aéroport. Une société privée détenue à 100% par l’État.