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La peste porcine se rapproche du Luxembourg



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Cinq sangliers infectés par le virus de la peste porcine africaine ont été abattus dans la région d’Arlon, à quelques kilomètres de la frontière. C’est plus que ce qui avait été annoncé initialement par la Région wallonne.

L’information révélée par nos confrères de La Meuse Luxembourg va sans doute donner quelques sueurs froides aux acteurs de la filière porcine au Luxembourg.

Alors que la Région wallonne avait déclaré la semaine passée qu’un sanglier infecté par le virus de la peste porcine avait bien été découvert à Sesselich (Arlon), il y a eu en réalité quatre autres dépouilles de plus – toutes contaminées – retrouvées au même moment: deux à Toernich, une à Udange et une dernière à Heinsch. On est donc très loin d’un simple cas isolé, comme indiqué initialement par les autorités. Et comme le montre le site anglophone spécialisé dans la filière porcine pigprogress.net.

Le signal est donc évident: le virus qui sévit depuis des mois dans le sud de la Belgique semble se déplacer vers l’est, donc vers le Luxembourg.

Vigilance accrue

Interpellé par La Meuse Luxembourg, le cabinet du ministre wallon joue «la carte de la transparence», assure le porte-parole de René Collin. «Nos outils ne nous permettent pas de visualiser la géolocalisation de chaque sanglier infecté. Nous ne communiquons pas sur chacun des 364 sangliers retrouvés positifs. À propos des sangliers positifs de la région d’Arlon, il est important de préciser que nous nous trouvons toujours dans la zone noyau et tampon. J’ajoute que cette zone fait l’objet d’une vigilance accrue de la part de nos services. Notre inquiétude est mesurée par rapport au transfert de la maladie vers l’est. En effet, il n’y a pas de continuité de grand massif forestier dans la zone, mais nous sommes aussi en bordure de grandes zones urbanisées et d’autoroutes. Nous savons pertinemment que la maladie avance.» 

Au Luxembourg, les inquiétudes sont réelles. En septembre dernier, Fernand Etgen (DP), alors ministre de l’Agriculture, expliquait «que la contamination à terme des sangliers et porcs luxembourgeois ne pouvait être exclue». Une zone de surveillance a donc été mise en place, délimitée par les autoroutes A4 et A6. Une task force a aussi été créée et des abattages de sangliers ont lieu afin de vérifier leur état sanitaire. Les résultats sont consultables sur une carte publiée via le portail de l’agriculture. 

Les dépouilles découvertes près d’Arlon n’ont, nous dit-on au ministère de l’Agriculture, «pas nécessité de mesures nouvelles de la part de l’administration des services vétérinaires». Une réunion de la task force est à l’agenda du mois de février, «mais il est évident qu’elle se réunira plus rapidement si l’actualité l’impose».

150.000 porcs engraissés par an

Les enjeux économiques sont réels. En cas de déclenchement de l’épidémie, les exploitations porcines seront touchées de plein fouet. D’une part, elles ne recevront plus de porcs à engraisser, d’autre part elles ne pourront plus non plus exporter vers des pays tiers.

Une viande également perdue pour le marché national qui constitue plus de 60% de la consommation. Au Luxembourg, chaque année, environ 150.000 porcs sont engraissés dans 150 exploitations dont 45 participent au label «Marque nationale».

Une vidéo publiée sur le site de l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Belgique) résume en un peu plus de trois minutes ce qu'il faut savoir sur la peste porcine africaine.