ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Viva Technology 2018

La mobilité, une question de données



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Le taxi autonome développé par la start-up française Navya est actuellement en phase de test et pourrait rouler en conditions réelles à partir de 2019. (Photo: DR)

Plusieurs grands acteurs des transports sont venus présenter leurs innovations au salon Viva Technology de Paris, qui se déroule jusqu’à samedi. L’analyse de données et la collaboration avec des start-up deviennent des standards dans cette industrie, qui se focalise désormais sur l’expérience client.

Uber et Google ne sont pas les seuls à travailler sur les véhicules autonomes. Les initiatives pullulent sur ce segment, et certaines sont déjà des réalités. C’est le cas de l’Autonom Shuttle, développé par la start-up française Navya. Elle est venue présenter le résultat de ses travaux au salon Viva Technology à Paris.

La navette, conçue par la jeune pousse basée à Lyon, peut accueillir 15 personnes et n’a ni volant ni pédales. «Aucune infrastructure n’est nécessaire pour faire fonctionner notre véhicule, il suffit simplement de définir un trajet, qui sera emprunté de manière répétitive», explique Cédric Maisonnier, en charge du développement de l’entreprise.

Alliance entre la SNCF et d’autres acteurs

70 Autonom Shuttle circulent déjà sur les cinq continents pour le compte de villes, d’aéroports ou d’universités. Leur trajet n’excède pas, pour l’instant, les cinq kilomètres, mais ils roulent en conditions réelles. «Le but est maintenant d’adapter notre technologie à des bus de 45 places», ajoute Cédric Maisonnier. «Nous testons en parallèle un taxi autonome qui sera capable d’adapter son trajet en fonction des demandes, mais sur un réseau préalablement cartographié.»

La mobilité se conjugue aujourd’hui à tous les temps et sur tous les supports. L’offre de solutions a explosé avec l’arrivée des nouvelles technologies. Dans l’Hexagone, on dispose en moyenne de huit applications pour se déplacer sur son smartphone. Un usage qui a multiplié de façon exponentielle le nombre de données d’utilisateurs, permettant aujourd’hui aux acteurs du secteur de connaître avec précision les habitudes de transports.

Nous cherchons à agréger un maximum de données pour offrir une expérience de mobilité la plus complète possible.

David Leborgne, chief digital officer du groupe SNCF

«On passe d’une industrie ferroviaire à une industrie de services», estime le chief digital officer du groupe SNCF, David Leborgne. «Nous cherchons aujourd’hui à agréger un maximum de données pour offrir une expérience de mobilité la plus complète possible. Et notre objectif est d’intégrer dans une seule application toutes les solutions de mobilité possibles pour faire arriver notre utilisateur d’un point A vers un point B.»

Cette approche se traduit pour la SNCF par une nouvelle vision de la collaboration avec d’autres acteurs de la mobilité. «Si une start-up ou une entreprise propose un service de mobilité dans une zone où nous ne sommes pas présents, notre objectif sera de la proposer à nos usagers, sans qu’on ait forcément besoin de racheter la solution ou d’en créer une», continue David Leborgne.

Des données ouvertes à tous

Les services de mobilité, l’équipementier Valeo en propose aussi. Leader mondial des capteurs ultrasons, il travaille désormais sur des services de mobilité, et plus seulement sur des composants. L’entreprise s’est ainsi associée à Capgemini et Cisco pour proposer aux constructeurs une solution de personnalisation du véhicule depuis une application mobile.

Notre approche de collaboration varie en fonction des objectifs des entrepreneurs et de l’état de maturité de l’entreprise.

Guillaume Devauchelle, directeur de Valeo

Comme l’ensemble de l’industrie, Valeo travaille également avec des start-up. «Nous débutons environ un partenariat par mois», note Guillaume Devauchelle, le directeur de l’innovation de l’équipementier. «Notre approche de collaboration varie en fonction des objectifs des entrepreneurs et de l’état de maturité de l’entreprise.»

Il faut dire que la France est un terrain fertile pour l’innovation dans la mobilité. La loi oblige les opérateurs de transport à rendre disponibles les données utilisateurs qu’ils récoltent. Cet amas d’informations permet à n’importe quelle start-up de développer des solutions innovantes, que l’on retrouve généralement quelques années plus tard chez les opérateurs plus importants.