ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Ouverture du salon

«VivaTech reflète le dynamisme du digital en France»



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«Plus l’économie et la société se digitalisent, plus nous avons besoin de moments pour nous rencontrer et échanger», estime Maxime Baffert, l’un des deux responsables de Viva Technology. (Photo: Viva Technology)

Trois ans seulement après sa création, le salon Viva Technology, qui s’ouvre ce jeudi à Paris, a réussi à devenir un des grands rendez-vous mondiaux des nouvelles technologies. Maxime Baffert, l’un des deux responsables de l’événement, revient sur cette aventure que Paperjam vous fera vivre.

Monsieur Baffert, quel est le concept de Viva Technology? Le salon a-t-il été conçu comme un rendez pour les start-up ou est-il plus largement dédié aux nouvelles technologies?

«Les deux à la fois. Nous sommes d’abord orientés sur l’innovation, car, selon nous, c’est le chapeau qui englobe à la fois les start-up et les nouvelles technologies. Celle-ci peut se trouver dans les produits ou le business model, elle peut être portée par des start-up ou des grands groupes, mais il faut qu’elle soit présente quelque part. Nous avons voulu dès le début que Viva Technology soit la célébration de l’innovation.

Cherchez-vous à inscrire ce salon dans un agenda mondial autour des nouvelles technologies, un peu comme les grands salons automobiles se partagent l’innovation tout au long de l’année?

«C’est exactement ça. Plus l’économie et la société se digitalisent, plus nous avons besoin de moments pour nous rencontrer et échanger. Il y a quelques grands rendez-vous autour des nouvelles technologies dans l’année et nous voulons être l’un d’entre eux au niveau mondial. Avec la particularité de faire se rencontrer à la fois le monde des grands groupes et celui des start-up.

L’une des particularités de Viva Technology est ses nombreux concours de pitchs organisés par les grands groupes partenaires de l’événement. Est-ce un modèle qui fonctionne?

«Aujourd’hui, on s’aperçoit que les grands groupes n’arrivent pas à intégrer seuls tous les changements de la révolution numérique et qu’ils ont besoin d’agents externes tels que les start-up.

Inversement, les start-up ont compris que les grands groupes sont devenus des partenaires extrêmement intéressants, compte tenu de leur base client, de leur force de frappe financière et tout simplement de leur dimension.

On ressent l’énergie des start-up, mais aussi celle des grands groupes.

Maxime Baffert, coresponsable de Viva Technology

Du coup, il y a vraiment une envie de se rencontrer et de travailler ensemble. Et l’une des manifestations de cette tendance s’est traduite à Viva Technology par la multiplication des sessions de pitchs.

Cela crée un dynamisme, une atmosphère particulière, car on ressent l’énergie des start-up, mais aussi celle des grands groupes, car eux aussi vont pitcher pour devenir attractifs et présenter leurs activités de R&D et d’innovation.

Comment faites-vous pour repérer ce qui se passe dans l’innovation et être sûrs que tout ce qui compte au niveau mondial sera bien représenté à Viva Technology?

«Avec le succès des deux premières éditions, nous sommes contactés par de nombreuses entreprises, des start-up comme des grands groupes, qui demandent à présenter leurs produits innovants lors du salon. Nous présenterons cette année, par exemple, un prototype de voiture volante développé par une start-up toulousaine qui est venue vers nous.

Dans le même temps, nous avons aussi des équipes en interne qui s’occupent de relever les nouvelles tendances et faire une sorte de veille technologique.

Comment gère-t-on un salon de l’ampleur de Viva Technology?

«Nous sommes une start-up. Nous disposons d’un noyau dur d’environ 30 personnes à l’année, qui double à l’approche de l’événement. Nous avons réussi à être rentables dès l’année dernière et nous espérons faire mieux cette année.

Vous avez réussi à vous imposer à l’échelle mondiale en seulement trois ans. Existe-t-il une recette miracle?

«Non. Je pense que le succès de Viva Technology reflète le dynamisme du digital en France. L’écosystème avait besoin d’un événement emblématique pour montrer la force de cette industrie.

Nous avons créé la bonne proposition de valeurs, à savoir la rencontre des start-up avec le monde de l’industrie.

Maxime Baffert, coresponsable de Viva Technology

Je crois qu’on a eu la bonne idée au bon moment. On a aussi eu la chance de s’appuyer sur des groupes très connectés que sont Publicis et Les Échos (les deux organisateurs de l’événement, ndlr), ce qui a facilité la collecte de contacts. Et enfin, nous avons créé la bonne proposition de valeur, à savoir la rencontre des start-up avec le monde de l’industrie.

Cherchez-vous maintenant à devenir une sorte de CES (Consumer Electronics Show) européen?

«L’année dernière, c’est l’objectif que nous a fixé le président Emmanuel Macron. Nous avons décidé de relever le défi, mais en gardant nos spécificités. Le CES de Las Vegas est très axé sur les nouveautés électroniques grand public.

Nous, nous voulons garder cette dimension de l’innovation au sens large. Mais en termes de taille, ça ne nous déplairait pas, dans quelques années, de devenir aussi gros que le CES.»