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Dans le cadre du Brexit

La licorne anglaise Revolut lorgne le Luxembourg



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Revolut vise à convaincre 100 millions de clients dans les cinq ans à venir – elle en revendique 2 millions à l’heure actuelle. (Photo: Shutterstock)

Pour garder un pied dans le marché communautaire après le Brexit, la néobanque a entamé des négociations avec le régulateur luxembourgeois pour l’obtention d’une licence de paiement électronique, selon le Financial Times. La CSSF n’a toutefois pas confirmé.

Il pourrait s’agir d’une très belle prise pour le Grand-Duché. La fintech anglaise Revolut chercherait à installer son siège européen au Luxembourg. Dans un article du Financial Times paru dimanche, la start-up dit en effet avoir débuté les démarches nécessaires pour l’obtention d’une licence de paiement électronique auprès de la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF).

Nikolay Storonsky, le fondateur de Revolut, explique que cette décision a été prise «juste pour être du bon côté», faisant référence aux incertitudes qui tournent toujours autour de l’accès des entreprises britanniques au marché financier européen après la mise en application du Brexit.

La CSSF n’a «rien entendu»

La licence luxembourgeoise permettrait à la fintech d’avoir accès à l’ensemble des marchés européens, où se trouve une grande partie de son business. En dehors du Royaume-Uni, Revolut propose notamment ses services en France, en Allemagne, en Pologne, en Lituanie, en Espagne et en Roumanie.

Contactée par Paperjam.lu, la CSSF n’a pourtant pas confirmé l’information, expliquant «n’avoir rien entendu au sujet d’une demande de licence de ce type». Nikolay Storonsky semble pourtant sûr de lui. Dans l’article du Financial Times, il affirme même qu’il faudra six mois à sa start-up pour obtenir le précieux sésame.

100 millions de clients en cinq ans

Si elle obtenait une licence de la CSSF, la néobanque britannique serait la première licorne, ces start-up dont la valorisation dépasse le milliard d’euros, à établir son siège européen au Luxembourg.

Créée en 2015, Revolut atteignait au printemps 1,7 milliard de dollars de valorisation, soit 1,45 milliard d’euros. Après une levée de fonds de 250 millions d’euros au mois d’avril, la fintech a annoncé son objectif de s’attaquer aux marchés américain et asiatique. Elle vise à convaincre 100 millions de clients dans les cinq ans à venir – elle en revendique 2 millions à l’heure actuelle.