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Kleos Space et la diversification de l’offre spatiale



La signature, lundi, d’un accord avec la firme britannique spécialisée dans la mise à disposition de renseignements de géolocalisation doit permettre le renforcement de l’écosystème luxembourgeois, via notamment une coopération avec le List.

Moins d’un mois après l’annonce d’un investissement de 100 millions d’euros accompagné par Ocsial et la création d’au moins une centaine d’emplois à Differdange, le ministère de l’Économie a signé, lundi, un nouvel accord permettant l’implantation d’une nouvelle entreprise sur le sol luxembourgeois. Moins spectaculaire en termes de retombées économiques directes, l’arrivée de Kleos Space vise avant tout à renforcer et diversifier l’offre actuelle du secteur spatial national.

Assurant être «complémentaire» de l’offre de service déjà présente au Luxembourg telle que celle de LuxSpace, le spin-off de la société britannique Magna Parva Limited entend se spécialiser dans la mise à disposition de renseignements géolocalisés à grande échelle. Son but consistera donc à exploiter les données recueillies par une constellation de satellites afin de les vendre «à des sociétés d’assurance, des sociétés privées d’analyse de données ou des sociétés actives dans le secteur de la défense ou de la sécurité intérieure», explique lundi Andy Bowyer, directeur de Magna Parva Limited et Kleos Space.

60 salariés d'ici 2022

Pour tirer son épingle du jeu, la société mise donc sur la mise en place «de nanosatellites pesant 70kg» équipés d’antennes mesurant 100 mètres de long chacune. Soit l’équivalent de la longueur d’un terrain de football. Une échelle inédite à ce jour pour des engins envoyés dans l’espace et qui nécessitent la mise au point de technologies spécifiques. C’est dans cette optique que Kleos Space s’est associée avec le List dans le cadre de son centre de recherche pour le développement de matériaux composites et avec Emtronix, société basée à Sanem, pour la partie électronique. D’ici à 2027, 10 satellites de nouvelle génération doivent ainsi être placés en orbite. Le premier lancement est prévu, lui, pour 2019.

Justifiant son choix de s’implanter au Grand-Duché par «l’existence d’une stratégie spatiale clairement définie, du rôle de précurseur dans la technologie spatiale dès la fin des années 1980 et par la compréhension du gouvernement des enjeux commerciaux», la société basée pour le moment au sein du technoport emploie actuellement cinq personnes. Ils devaient être 60 d’ici 2022 et être localisés «au sein d’un incubateur public», indique Étienne Schneider (LSAP), ministre de l’Économie, qui précise que cette arrivée «confirme l’expansion constante et la consolidation du rôle du Luxembourg comme centre européen pour le développement des technologies spatiales de pointe dans le contexte de l’initiative Spaceresources.»

Pour rappel, le cadre législatif ouvrant la loi à l’exploitation des ressources spatiales, voté le 13 juillet dernier, entrera en vigueur le 1er août prochain. La prochaine étape de la stratégie spatiale luxembourgeoise consistera à mettre sur pied une agence spatiale. Évoquée officiellement pour la première fois à San Francisco, au cours de la mission économique dédiée au space mining en avril dernier, l’idée doit voir le jour «avant les élections» de 2018, selon le vice-Premier ministre. Elle sera accompagnée de la création d’un fonds d’investissement qui devrait avoir un milliard d’euros sous gestion.