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Affaire du Srel

Juncker en sait-il plus sur le fameux CD?



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Selon les enquêteurs, il se pourrait que Jean-Claude Juncker en sache plus sur le contenu du CD crypté, contenant une conversation entre lui et le Grand-Duc Henri. (Photo : Andrés Lejona / Archives)

L’actuel président de la Commission européenne et ancien Premier ministre ne fait pas bonne figure dans une analyse des enquêteurs dans le cadre de l’affaire du Srel.

L’affaire du Srel ne lâche décidément pas Jean-Claude Juncker. Tandis que les faits sont prescrits, l’affaire risque de continuer à éclabousser l’ancien Premier ministre et actuel chef de l’exécutive européenne.

Alors que le procès de l’ancien directeur du Service de renseignement de l’État, Marco Mille, et deux anciens agents, Fränk Schneider et André Kemmer, doit débuter cet automne, la presse s’est procuré et a diffusé ces dernières semaines certains éléments du dossier d’instruction, qui permettent d’éclairer encore davantage une affaire qui avait mené à la chute de Jean-Claude Juncker en 2013.

«C’était de toute façon au Palais»

Ce vendredi, c’est l’hebdomadaire satirique Feierkrop qui citait une analyse très pertinente des enquêteurs au sujet d’une déclaration faite par l’ancien Premier ministre, lors d’une conversation avec Marco Mille en 2008.

Conversation enregistrée par l’ancien directeur du Srel à l’insu de son chef et au cours de laquelle fut entre autres évoquée une autre conversation entre Jean-Claude Juncker et le Grand-Duc Henri, elle aussi prétendument enregistrée, puis cryptée sur le fameux CD «Frisbee» et transmise par Loris Mariotto au Srel.

Lors de son entretien avec Marco Mille, Jean-Claude Juncker estimait que la conversation enregistrée entre lui et le Grand-Duc au sujet des attentats des Bommeleeër dans les années 80 ne pourrait qu’avoir eu lieu au Palais, «si on entend mieux le Grand-Duc que moi». 

Aveu involontaire?

Les enquêteurs s’interrogent: «D’où Juncker a-t-il l’information qu’on entend mieux le Grand-Duc que lui dans la conversation enregistrée sur le CD, alors que, selon Mille, le CD n’était pas encore décrypté par le Srel et que Juncker ne pouvait donc théoriquement avoir aucune connaissance sur la qualité du son ou autres détails de la conversation enregistrée sur le CD?»

Ils poursuivent en précisant que la déclaration de Jean-Claude Juncker selon laquelle le Grand-Duc serait davantage compréhensible que lui sur le disque, «ne ressort pas du tout du contexte de la conversation avec Mille, mais pourrait éventuellement être un aveu involontaire (et irréfléchi) que:

  • La conversation [avec le Grand-Duc] a bel et bien eu lieu;
  • Elle fut enregistrée sur un CD;
  • Juncker en sait plus sur le contenu du CD (d’où et de qui que ce soit) qu’il ne voudrait ou pourrait l’admettre officiellement.»

Le procès dans l’affaire du Srel «permettra accessoirement un regard plus profond dans le monde des espions et de leurs commanditaires», conclut pour sa part le Feierkrop.