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Des salaires moins imposés, grâce au Luxembourg



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Le taux moyen calculé pour une personne célibataire sans enfant percevant le salaire moyen varie de 7% au Chili à 40,5% en Belgique. Au Luxembourg, il est de 29,1%. (Photo: Licence C. C.)

Le taux moyen net d’imposition des salaires au Luxembourg a connu la plus forte diminution des pays de l’OCDE entre 2016 et 2017 pour atteindre les 29,1%, selon une étude de l’organisation publiée fin avril. La réforme fiscale en est la principale cause.

La part d’un salaire brut versée sous forme d’impôt par un travailleur vivant dans un pays de l’OCDE a été en moyenne de 25,5% en 2017, selon la dernière étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Celle-ci précise que de légères hausses ont été observées dans 20 des 35 pays membres de l’organisation.

Ces augmentations seraient principalement dues à des hausses de salaires «qui ont atténué les effets des abattements et des crédits d’impôt accordés». Cette moyenne révèle toutefois des réalités très différentes selon les pays. Ainsi, le taux moyen calculé pour une personne célibataire sans enfant percevant le salaire moyen varie de 7% au Chili à 40,5% en Belgique. Le Luxembourg se trouve dans le premier tiers de ce classement, avec un taux moyen de 29,1%, soit 2% de moins qu’un an auparavant – il s’agit de la plus forte baisse de l’OCDE.

Il existe cependant des différences fiscales importantes entre les pays selon la situation du contribuable. Les couples avec deux enfants et percevant un seul salaire moyen paient ainsi moitié moins qu’un célibataire dans la même situation en Belgique (20,7%) et seulement 5% au Grand-Duché.

Une diminution «largement imputable» au Luxembourg

La situation est un peu différente lorsqu’il s’agit du «coin fiscal». Cet indicateur est différent du taux moyen net d’imposition, car il prend en compte le «montant total des impôts sur le coût du travail acquittés par les salariés et les employeurs.»

Le «coin fiscal» moyen de l’OCDE a ainsi diminué en 2017 de 0,13 point de pourcentage pour s’établir à 35,9% des coûts de main-d’œuvre. Une baisse «largement imputable à de fortes baisses en Finlande, en Hongrie et au Luxembourg», estiment les auteurs de cette étude.

Une réforme avec un impact direct

La plus importante de ces diminutions a été enregistrée par le Grand-Duché (près de 2%). Une diminution qui n’est pas sans rapport avec les modifications fiscales introduites en début d’année dernière.

«Cette réduction de 1,76 point de pourcentage du ‘coin fiscal au Luxembourg est due à la réforme fiscale de janvier 2017», confirme Dominique Paturot, statisticienne à l’OCDE. «Plus particulièrement au nouveau mode de calcul du crédit d’impôt remboursable et à une modification de la grille d’imposition.»

Pour cet indicateur, la Belgique reste là aussi en haut du classement avec 53,7%, juste devant l’Allemagne (49,7%) et l’Italie (47,7%). De l’autre côté du tableau, on retrouve le Chili (7%), suivi de la Nouvelle-Zélande (18,1%) et du Mexique (20,4%).