PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

Convention collective bancaire

Débuts compliqués entre ABBL et syndicats



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Selon Serge de Cillia, l’ABBL n’est «pas pressée pour mener ces négociations». (Photo: Julien Becker/archives)

Alors que les négociations sur la future convention collective auraient dû débuter au courant du mois de janvier, l’absence de présentation du cahier de revendications du patronat pose problème. Au point que certains s’interrogent sur l’objectif réel poursuivi par l’ABBL.

Que ce soit du côté des syndicats ou de celui de l’ABBL, la volonté semblait claire à l’amorce des négociations autour de la future convention collective du secteur bancaire. Tous souhaitaient dépoussiérer le cadre en vigueur, afin de l’adapter aux nouvelles réalités de la Place. Mais après l’unique réunion plénière, tenue le 7 décembre dernier où le choix d’une communication commune avait été adopté, certains préfèrent un retour à la liberté de parole complète.

À l’origine des tensions selon les syndicats: l’absence totale de communication de la part de l’ABBL de son cahier de revendications. Que ce soit sous forme écrite ou orale. «À un moment donné, il faut dire que cela suffit. Quand on demande des informations et qu’on ne les obtient pas, alors que de notre côté nous avons tout fourni, ce n’est pas une bonne manière d’entamer les échanges», s’exclame Véronique Eischen, secrétaire centrale OGBL. «Nous étions d’accord pour ne pas parler séparément avant le début des négociations, mais le problème tient justement dans le fait que les négociations n’ont pas encore commencé.»

Nous ne constatons pas de blocage particulier.

Roberto Scolati, président de l’Aleba

Même exaspération du côté du LCGB-SESF pour qui la situation actuelle est vue comme «tout à fait anormale et incompréhensible». Selon Vincent Jacquet, secrétaire général adjoint du LCGB, «la loi prévoit que chaque partie présente les articles de la convention collective qu’elle souhaite modifier et expliquer pourquoi. C’est ce que nous avons fait et ce que nous attendons de la part de l’ABBL qui semble vouloir commencer les négociations au sein des groupes de travail. Quand on nous dit qu’on peut moderniser le texte en partant d’une feuille blanche, je ne suis pas spécialement rassuré.»

Dans ce concert de défiances, seule l’Aleba semble se satisfaire de cette situation. «Nous ne constatons pas de blocage particulier à partir du moment où l’ABBL a répondu à nos attentes en indiquant que le cahier commun de revendications des syndicats servira de document de travail de base», affirme Roberto Scolati, président du syndicat qui précise que «nous considérons que cette approche est même plutôt positive» et que «pour entamer les discussions dans de bonnes conditions, il a été retenu que, lors de la prochaine réunion entre les syndicats et l’ABBL, notre cahier de revendications commun soit passé en revue et que l’ABBL nous fasse part de sa sensibilité par rapport à celles-ci, avant de débuter le travail en petits groupes.» Une interprétation que ne valident pas les deux autres syndicats qui assurent que «rien de tel n’a été dit». Malgré ce différend, tous assurent que le front syndical reste en vigueur «dans l’intérêt des salariés de la Place». Une réunion intersyndicale est d’ailleurs d’ores et déjà planifiée pour la semaine prochaine.

Nous ne sommes pas pressés pour mener ces négociations.

Serge de Cillia, CEO de l’ABBL

De son côté, l’ABBL reste fidèle à sa stratégie. Du moins à celle établie depuis l’été en termes de communication, puisque l’organisme représentant les directions des principales banques de la Place indique «réitérer ce qui a été communiqué communément par l’ABBL et les syndicats Aleba, OGBL et LCGB le 12 décembre dernier». À savoir que «le groupe patronal et le groupe syndical ont mis en place quatre groupes de travail thématiques sur les chapitres, classification & rémunération, employabilité & formation, organisation du temps de travail et bien-être».

Il semble en être de même vis-à-vis des syndicats, du moins à en croire les propos tenus par Serge de Cillia dans une interview accordée à Paperjam en décembre 2016. Le CEO de l’ABBL y indiquait ainsi que son objectif était «d’avoir une convention moderne et adaptée aux besoins du marché, donc nous ne sommes pas pressés pour mener ces négociations».