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Accord international

Conduite connectée et autonome en test au Luxembourg



D’ici au premier semestre 2018, les autoroutes, puis certaines routes, du centre et du sud du pays seront utilisées dans le cadre d’un «site expérimental numérique transfrontalier» qui doit permettre de développer des technologies liées aux transports intelligents.

L’annonce était dans les cartons depuis plusieurs mois, elle est désormais officielle. En signant jeudi à Francfort un accord de coopération «dans le domaine de la conduite connectée» avec l’Allemagne et la France, le Luxembourg confirme son ambition de faire du pays une zone de test grandeur nature pour la mobilité intelligente.

À compter du premier semestre 2018, et pour une durée encore non précisée, «le réseau routier des régions Centre et Sud» du pays sera intégré au «site expérimental numérique transfrontalier» qui doit voir le jour et qui s’étendra entre «la région de Metz et le land de Sarre», selon le communiqué officiel. Le Grand-Duché a donc réussi à se greffer au projet franco-allemand, dévoilé en début d’année, qui prévoyait initialement la mise en place d’une zone test de 70km entre Metz et Merzig.

Aucun partenariat ne peut être annoncé officiellement.

Une porte-parole du ministère de l’Économie

Destiné à «permettre à l’industrie et à la recherche de tester des technologies innovantes sur toutes les catégories de routes (autoroutes, routes départementales, routes urbaines)» et «d’instaurer un échange d’expériences portant sur les problèmes juridiques et techniques rencontrés», le projet vise à développer «la conduite automatisée et connectée». Concrètement, la mise au point ou le perfectionnement de systèmes permettant aux véhicules de communiquer entre eux dans des conditions de circulation réelles, tout en prenant en compte les changements de réseaux liés aux passages de frontières.

Côté luxembourgeois, les principaux acteurs du secteur automobile et les opérateurs de réseaux actifs dans la 5G seraient impliqués, tout comme les représentants des différents secteurs de la recherche publique, que ce soit l’Uni, les centres de recherche appliquée ou LuxConnect, pour l’utilisation de data centers en lien avec les besoins en calculs liés au projet. Contactés par Paperjam.lu, ni le ministère de l’Économie, ni celui du Développement durable et des Infrastructures n’ont souhaité le confirmer, indiquant uniquement qu’«aucun partenariat ne peut être annoncé officiellement».

Un laboratoire vivant de la mobilité.

Ambition du programme Digital Lëtzebuerg

Dans un article publié début juillet, le site américain Data Economy annonçait, pour sa part, que le gouvernement luxembourgeois avait d’ores et déjà effectué «un travail rapproché» avec plusieurs sociétés basées en Californie, et actives dans le secteur des voitures autonomes. Mais aussi avec des sociétés «actives dans la blockchain», notamment implantées au Grand-Duché.

Pour rappel, en mai 2016, le gouvernement avait décidé d’ajouter aux priorités déjà identifiées dans le cadre de Digital Lëtzebuerg - développement des infrastructures de télécommunication, soutien à l’innovation, fintech, développement des e-skills et administration électronique - celle de faire du pays «un laboratoire vivant de la mobilité en étroite collaboration avec le secteur privé».

Création de règles communes en Europe

Cette ambition s’inscrit également dans la mise en œuvre de la stratégie de troisième révolution industrielle, qui doit faire du Grand-Duché «un laboratoire pour un nouveau modèle économique». Et ce, au même titre que le développement de l’économie circulaire, du «high performance computing» ou l’utilisation de bâtiments «intelligents».

Au niveau européen, cette expérimentation, première du genre, devrait servir de base à une application à plus grande échelle, que ce soit au niveau d’autres régions ou d’autres États membres. L’objectif final étant la mise en place de règles communes pour la circulation de véhicules autonomes sur l’ensemble des routes européennes.